Santa Luzia – Vente

Quelqu’un m’a demandé, si j’étais coincé sur une île déserte, quel livre j’apporterais … “Comment construire un bateau”. —Steven Wright, humoriste américain

Santa Luzia

La seule île privée du Cap-Vert

Ce post est la suite de celui sur l’achat de l’île de Santa Luzia. Avec deux associés, nous sommes donc devenus propriétaires de Santa Luzia la seule île privée de l’archipel du Cap-Vert. Situé au large du Sénégal et à la croisée de 4 continents, le Cap-Vert possède un ensoleillement permanent. Il n’y pleut pour ainsi dire jamais. Avec 12 km de long, 2 plages de sable fin et une montagne de 400 mètres de haut, Santa Luzia offrait la possibilité d’y réaliser un complexe touristique exceptionnel. Santa Luzia est la seule île du Cap-Vert inhabitée ou plus exactement occupée par 1 seul habitant dénommé Da Cruz qui n’est pas sans rappeler son homonymie avec Robinson Crusoé. Depuis une vingtaine d’années, il habitait là dans l’ancienne maison en ruine et passait son temps à récolter les épaves venues de la mer qu’il vendait une fois par an sur l’île adjacente de São Vicente. Là il buvait le produit de sa vente et s’en retournait à Santa Luzia pour une autre année.

Une surprise inattendue allait bloquer tous projets. À l’époque le Cap-Vert était un Territoire d’Outre-Mer du Portugal et j’allais à nouveau me trouver confronté avec le président Salazar. La première démarche consista à créer un superbe dossier commercial très détaillé composé de deux livrets richement illustrés, l’un sur Santa Luzia et l’autre sur le Cap-Vert. Vint ensuite le test du marché d’une telle propriété avec des annonces de vente dans le Wall Street Journal et Fortune Magazine. Je reçus une centaine de réponses couvrant des intérêts divers tels des projets touristiques, la création d’un port franc, la possibilité d’émettre monnaies et timbres, un paradis fiscal et même la création d’une base militaire américaine due à la localisation stratégique de l’île.

Jusqu’au jour où je fus convoqué à la police des Territoires d’Outre-Mer qui me félicita pour la qualité du dossier, me signifia que je ne pourrai jamais rien faire avec l’île et de tout interdire y compris son accès. La police venait de se faire taper sur les doigts pour avoir laissé passer un pseudo projet touristique de 1200 lits sur l’île de Boa Vista. La piste de l’aérodrome longue de 1,2 km, financée par l’Allemagne de l’Est, devait servir aux rebelles de la Guinée-Bissau. Je pris comme avocat Adelino Palma Carlos, connu pour son opposition au régime. qui n’arriva pas à changer les décisions prises. L’obstacle étant devenu insurmontable, nous avons revendu l’île à un groupe portugais à un bon prix. La leçon à retenir consiste à ne jamais entrer dans un investissement sans avoir une stratégie de sortie. Depuis l’île est devenue une réserve écologique. Pour la petite histoire, après la révolution des oeillets du 25 avril 1974 le 1er Premier Ministre ne fut autre qu’Adelino Palma Carlos …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Suivez l’Argent

Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. Nous avons tant à reconstruire. Alors oui, nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame, plus belle encore, et je souhaite que cela soit achevé d’ici 5 années, nous le pouvons. Et là aussi nous mobiliserons. L’urgence justifiera toutes les dérogations et toutes les transgressions. –Emmanuel Macron, le lendemain de l’incendie de Notre-Dame de Paris

Je vais proposer au président de la République que nous organisions tous ensemble, dans les prochaines semaines, une grande conférence internationale des donateurs, qui pourra se tenir à l’Hôtel de Ville. Cette conférence réunira des mécènes du monde entier afin de lever les fonds nécessaires à la restauration. –Anne Hidalgo, maire de Paris, au lendemain de l’incendie de Notre-Dame














Les Pièces d’un Puzzle

Unibail, Auchan, Arnault, Pinault et les autres

Ce post est le troisième volet sur l’incendie de Notre-Dame. Il suit le volet sur la perte du sacré des bâtisseurs originaux [Source 7] et celui sur le monumental projet immobilier de l’Île de la Cité [Source 8]. Le travail d’investigation qui suit va établir la chronologie factuelle des événements, afin de rechercher les liens entre les deux premiers volets et essayer de découvrir si les riches donateurs sont des vrais mécènes ou plutôt des affairistes.

Chronologie

  • 7 décembre 2015 – Tout commence en 2015. En décembre, le Président de la République François Hollande confie à M. Perrault et M. Bélaval, deux architectes de renom, une mission d’étude sur l’avenir de l’Île de la Cité [Source 1 – Page 43]. Notons en passant qu’Emmanuel Macron était alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.
  • 3 septembre 2016 – Notre-Dame fit l’objet d’un attentat raté par Inès Madani, une djihadiste de 22 ans, qui avec une complice avait mis le feu à une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz et aspergée de gasoil, garée en face de la cathédrale. Elle a comparu au tribunal correctionnel de Paris le 10 avril 2019, soit 5 jours avant l’incendie de Notre-Dame. Une peine de 9 ans d’emprisonnement a été requise contre elle pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Elle sera jugée aux assises du 23 septembre au 11 octobre 2019 [Source 21].
  • 16 décembre 2016 – Le rapport de la mission sur l’île de la Cité, contenant 56 pages et 9 planches graphiques, fut remis à M. Hollande et Mme Hidalgo, maire de Paris. Notons que le rapport rappelle d’une part qu’un ancien projet d’extension n’a jamais vu le jour à cause d’une barrière règlementaire, et qu’il démontre d’autre part la possibilité actuelle de créer environ 100 000 m2 nouveaux sur l’île – soit une valeur foncière nouvelle dépassant le milliard d’euros – sans transformation radicale de son paysage [Source 1 – Page 13]. Notons aussi que parmi les entretiens avec des personnalités qualifiées, on trouve déjà en 2016 M. Jean-Paul Claverie, conseiller de M. Bernard Arnault, président de LVMH et M. Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH [Source 1 – Pages 47 et 48]. On notera en passant qu’à deux pas de l’Île de la Cité, les grands magasins de la Samaritaine sont en complète rénovation avec un chantier d’environ 500 millions d’euros. En plus d’espaces commerciaux et de bureaux, le projet inclura un palace avec vue sur la Seine –le Cheval Blanc– d’une capacité de 72 chambres et suites. Comme par hasard, on notera que le propriétaire de La Samaritaine n’est autre que Arnault- LVMH et l’entrepreneur de la rénovation n’est autre que Vinci, pressenti pour la reconstruction de Notre Dame [Source 24].
  • Du 15 février au 2 mai 2017 – Exposition du projet de l’Île de la Cité à la Conciergerie afin d’informer l’opinion publique et d’obtenir son soutien.
  • 7 mai 2017. Macron entre à l’Élysée. Deux ans plus tard, le rapport des architectes n’est suivi d’aucun effet [Source 3].
  • 8 novembre 2017 – Le Monde révèle les “Panama Papers” et les secrets fiscaux de Bernard Arnault [Source 4].
  • 22 novembre 2017 – Entretien du projet en présence de M. Hollande. La page de couverture de la vidéo [Source 2 – 0:05] mentionne les sponsors du projet: (a) Le Ministère de la Culture, (b) La Cité de l’Architecture, (c) La Caisse des Dépôts qui est est une institution financière publique française créée en 1816 au bilan comptable de 166,5 milliards d’euros (2016) et (d) Unibail-Rodamco, affilié de Unibail-Rodamco-Westfield, qui est le premier groupe de l’immobilier commercial au monde, présent dans 13 pays et doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 64 milliards d’euros (2018). L’image dans l’en-tête de ce post est extraite en version agrandie de la planche 06 du rapport du 16 décembre 2016, On y notera la représentation du parvis en verre, de la flèche de Notre-Dame en version transparente et de la toiture avec l’option verrière [Source 2 – 32:30].
  • Février 2018 – La petite entreprise familiale Aubriat d’Épinal fut contactée pour un traitement antifongique sur la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Après avoir écarté le risque de mérule, M. Aubriat fut toutefois requis d’effectuer les travaux par le conservateur des monuments historiques de l’édifice et son architecte spécifique. Cette description semble se référer à M. Perrault et M. Bélaval. M. Aubriat nota que le chêne qui compose la toiture est un bois dur qui empêche d’utiliser le traitement par infiltration et qu’il lui faudra opter pour un traitement par pulvérisation d’un gel. Après quelques essais avec différents produits, le traitement fut entrepris, dura deux semaines avec trois employés et coûta 15 000 euros. La flèche allait être le projet suivant de M. Aubriat [Source 14]. Notons que l’article ne nous informe ni sur la nature du gel pulvérisé, ni sur l’adjudication du traitement de la flèche à M. Aubriat.
  • Avril 2018 – Début de l’installation de l’échafaudage pour la réparation de la flèche de Notre-Dame. C’est un véritable monument éphémère de 500 tonnes, soit 500 000 tubes d’acier, pour un budget total de 2,150 millions d’euros [Source 20]. La durée de la construction qui était initialement prévue pour 6 mois n’était pas encore terminée en avril 2019, soit 12 mois plus tard. Le chantier de réparation proprement dit n’avait pas encore commencé au moment de l’incendie de Notre-Dame..
  • 17 mars 2019Incendie criminel de l’Église Saint-Sulpice de Paris, qui s’inscrit dans une série de profanations quotidiennes d’églises recensées dans toute la France [Source 16].
  • 11 avril 2019 – Seize statues en cuivre, d’un poids total de 2 tonnes, furent détachées de la flèche de Notre-Dame de Paris pour être restaurées à Périgueux. Représentant les 12 apôtres et les 4 évangélistes, elles ont donc miraculeusement échappé à l’incendie à quatre jours près [Source 17].
  • 15 avril 2019Incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. La version volontaire de la cause de l’incendie fut écartée alors que la cathédrale était encore en flammes. Le mystère de la cause de l’incendie reste entier. On n’a toujours pas de piste pour savoir si la cause de l’incendie fut involontaire ou pas.
  • 16 avril 2019En tant qu’architecte en chef des monuments historiques, Benjamin Mouton a été en charge de la cathédrale Notre-Dame de 2000 à 2013, pour laquelle il a piloté le lourd chantier de la détection incendie. Il est incrédule sur l’hypothèse officielle de l’accident [Source 22]. Quelques jours plus tard, le 21 avril 2019 exactement, le ministère de la Culture va interdire aux architectes des monuments historiques de répondre aux interviews sur Notre-Dame. On peut se demander ce que Macron et le ministre de la Culture souhaitent cacher [Source 23].
  • 16 avril 2019 – Les braises de l’incendie ne sont pas encore éteintes. La population française et chrétienne est encore sous le rude choc émotionnel. En moins de 24 heures, la reconstruction de Notre-Dame et son financement à la hauteur du milliard d’euros sont annoncés. L’urgence ne justifie en rien un tel empressement et on peut alors s’interroger sur le pourquoi de cette précipitation.
  • 16 avril 2019 – Une liste de donateurs privés totalisant déjà 600+ millions d’euros est annoncée dès le lendemain de l’incendie. On y trouve la famille Arnaud-LVMH pour 200 millions, la famille Bettencourt-L’Oréal pour 200 millions, la famille Pinault pour 100 millions, le groupe Total pour 100 millions et une multitude d’autres fortunes pour des montants divers [Source 9]. On notera que si les entreprises de la rénovation qui était en cours sont responsables de l’incendie alors leurs assurances devraient payer. Le fait que l’on accepte les dons laisse craindre que ce ne soit pas le cas. On peut s’interroger sur l’origine des dons (actifs légitimes, paradis fiscaux, mafia, blanchiment, etc…). Une enquête de Médiapart révèle que François Pinault, Bernard Arnault, Vincent Bolloré sont impliqués dans un gigantesque réseau d’escroquerie en bande organisée, impliquant de très nombreux capitaines d’industrie français que Bercy est en train de mettre à nu [Source 18].
  • 16 avril 2019Vinci, Bouygues, Saint-Gobain, Altrad… le monde de la construction se mobilise pour reconstruire Notre-Dame [Source 10]. Un concours international pour la reconstruction de la flèche a été immédiatement annoncé.
  • 16 avril 2019 – Anne Hidalgo annonce une contribution à hauteur de 50 millions d’euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale de Notre-Dame de Paris [Source 11]. On peut se demander comment la mairie de Paris dispose instantanément d’un tel montant sans longs débats administratifs?
  • 16 avril 2019 – Les dons des particuliers et des entreprises pour la rénovation de la cathédrale Notre-Dame sont défiscalisés, et finalement payés par les contribuables. Pour les personnes physiques, le régime prévoit ainsi une réduction de l’impôt sur le revenu (IR), à hauteur de 66% du montant du don. Concernant l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), la réduction d’impôt s’élève à 75% du montant du don. Pour les entreprises, la réduction d’impôt sur les sociétés (IS) représente 60% du montant du don. Pour l’IS et l’IR, le crédit d’impôt est utilisable sur 5 ans. Compte tenu de l’impopularité de la défiscalisation, François Pinault renonce à la déduction fiscale sur son don et Jean-Jacques Aillagon à sa proposition d’étendre la déduction fiscale (90%) des trésors nationaux aux monuments [Source 12]. Le renoncement à la défiscalisation sera suivie par certains autres donateurs.
  • 19 avril 2019 – Observations de Serge Bernard sur l’irremplaçable perte du sacré de l’incendie de Notre-Dame [Source 7].
  • 24 avril 2019 – Une rumeur déniée relate que Mme Hidalgo aurait vendu le Parvis de Notre-Dame à Unibail cité plus haut et/ou à Auchan (Association familiale Mulliez), qui est une chaine de grande distribution dans 17 pays au chiffre d’affaire annuel de de 50,3 milliards d’euros (2018). La propriété de Notre-Dame et de son parvis est détenue à 53% par l ‘État et à 47% par la Ville de Paris. La juridiction est donc administrée non par la Ville mais bien par l’État [Source 1 Page 17]. Anne Hidalgo ne pouvait donc pas vendre seule le parvis. Toutefois, il a été confirmé que la rumeur reposait sur un simple projet qui n’a pas donné lieu, à aucun moment, à une validation de la part du chef de l’État [Source 3]. On peut se demander si la précipitation de la donation de 50 millions par la Ville de Paris ne s’expliquerait pas par une contre-partie de la vente des 47% [Source 11]. Il faut noter que la quasi-totalité des bâtiments et autres fonciers de l’île de la Cité appartiennent à l’État et à la Ville de Paris. L’Hôtel-Dieu, le Palais de justice, la Conciergerie, la Préfecture de police de Paris, le 36 quai des Orfèvres, le Tribunal de commerce de Paris, le marché aux fleurs et le parvis de Notre-Dame seront bientôt déménagés, réaménagés et disponibles pour d’autres affectations.
  • 25 avril 2019 – L’incendie de Notre-Dame pourrait débloquer les projets de l’Île de la Cité sur le plan politique et financier [Source 5]. Un nouveau blog fait le point très détaillé des faits sur les causes possibles de l’incendie [Source 15].
  • 26 avril 2019 – Observations de Serge Bernard sur le projet immobilier de l’Île de la Cité [Source 8].
  • 27 avril 2019 – Un article très bien documenté [Source 6] explique avec clarté la précipitation à décréter la cause accidentelle de l’incendie, l’affluence des donations, la législation de supprimer tous blocages légaux, commerciaux et procéduriers pour la reconstruction de la cathédrale et l’avancement du projet de l’Île de la Cité. Le délai de 5 ans, auquel correspond aux Jeux Olympique de 2024 suivi de l’Exposition Universelle en 2025, commande l’urgence [Source 1 – Page 10].
  • 28 avril 2019 – Le pape François a fait don de 500 millions de dollars à l’Église catholique du Mexique pour qu’elle puisse continuer à venir en aide aux migrants bloqués à la frontière avec les États-Unis [Source 13]. On peut toutefois s’interroger sur l’absence de dons du Vatican pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris. On notera aussi que la quasi-totalité des dons proviennent de France et des États-Unis, ce qui permet de se demander pourquoi la solidarité de l’Union Européenne est absente du groupe de donateurs.
  • 30 avril 2019 – On va forcément savoir dans les mois qui viennent les causes de l’incendie de Notre-Dame et, qui sait, peut-être découvrir à qui le crime pourrait profiter [Source 19].
  • 3 mai 2019 – Alors que plus d’un Français sur deux préfèrent une reconstruction de Notre-Dame de Paris à l’identique, le ministre de la Culture Franck Riester a affirmé qu’ils pourront s’exprimer lors d’un grand débat. Toutefois, le choix final du projet reviendra à l’Etat [Source 25]. Un autre grand débat d’enfumage pour détourner l’attention publique de ce qui est important.

Le point de départ de ce post consistait à déterminer si les riches donateurs étaient des mécènes ou des affairistes. Le montant des donations dépasse le milliard d’euros et le renoncement à la défiscalisation établit que celle-ci n’est pas un facteur décisif. S’il ne s’agissait que de la reconstruction de Notre-Dame, alors la défiscalisation aurait été un facteur déterminant du mécénat. C’est ici que le gigantesque projet immobilier de l’Île de la Cité combiné avec la reconstruction de Notre-Dame et l’énorme volume des touristes attendus à Paris pour les Jeux olympiques en 2024 et l’Expo universelle en 2025 représentent un intérêt financier irrésistible. L’absence du Vatican et de l’Union Européenne parmi les donateurs semble indiquer qu’ils ne font pas partie des bénéficiaires financiers des donations. Voici une liste partielle de certains bénéfices escomptés par les donateurs.

  • Le projet immobilier de l’Île de la Cité qui n’aurait jamais vu le jour se trouve débloqué par l’incendie. Au nom de l’urgence, Macron s’est empressé de faire légiférer la dérogation de toutes contraintes.
  • Le projet va bénéficier du soutien politique de l’État et de la Ville de Paris avec des coupe-files légaux, l’obtention des permis ainsi que le soutien financier des investisseurs/donateurs.
  • Par synergie avec la reconstruction de la cathédrale et la création de nouveaux emplois, l’opinion publique soutiendra le projet de l’Île de la Cité et son succès commercial.
  • La privatisation du patrimoine public sera facilitée.
  • Les profits colossaux sur les investissements immobiliers dans les opérations de promotion, construction, vente et location.
  • La chasse gardée et les profits commerciaux énormes des boutiques exclusives de grand luxe au coeur du coeur de Paris.
  • Les images de prestige renforcées pour des produits associés aux généreux donateurs.
  • Le projet adjacent de rénovation de l’ordre de 500 millions d’euros des grands magasins de la Samaritaine (Arnault-LVMH), qui inclut entre autre un nouvel hôtel de luxe, profitera de façon extraordinaire du trafic associé au projet de l’Île de la Cité.
  • Le péage d’accès l’Île de la Cité. Avec 15 millions de visiteurs par an, Notre-Dame était déjà le premier site touristique de France. Les marchands du Temple sont de retour.

M. Benjamin Mouton, architecte en chef de Notre-Dame de Paris de 2000 à 2013, est incrédule sur la version officielle de la cause accidentelle de l’incendie. Personnellement, je souscris à son incrédulité. Dans cette éventualité il manque encore quelques grandes pièces dans le puzzle. (1) Qui sont les commanditaires? (2) Qui ont été les exécutants? et (3) Qui seront les accusés présumés? Je vous ai préparé la liste des faits principaux connus à ce jour. Tel l’attentat du 11 septembre à New York, on peut se demander si nous connaitrons un jour la vérité. En attendant de plus amples révélations factuelles, libres à chacun et chacune d’arriver à ses propres conclusions. Je formule l’espoir que les forces d’amour et de lumière émanant du lieu sacré de Notre-Dame finiront par l’emporter sur les forces des ténèbres.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Sources

  1. Mission Île de la Cité – Rapport, 16 décembre 2016 – pdf
  2. Mission Île de la Cité – Entretien, 22 novembre 2017 – vidéo
  3. 20 Minutes – Le Parvis de Notre-Dame et Mme Hidalgo – 24 avril 2019 – article
  4. Europe Nº 1 – Bernard Arnault et les “Paradise Papers” – 8 novembre 2017 – article
  5. Le Salon Beige – L’incendie de Notre-Dame va-t-il profiter aux projets de la Cité? – 25 avril 2019 – Post
  6. Voltairenet – L’enjeu caché de la restauration de Notre-Dame – 27 avril 2019 – Article
  7. Serge Bernard – Observations sur l’incendie de Notre-Dame – 19 avril 2019 – Post
  8. Serge Bernard – Observations sur le projet de l’Île de la Cité – 26 avril 2019 – Post
  9. Le Monde- Liste des principaux donateurs privés pour la reconstruction – 16 avril 2019 – Article
  10. Le Moniteur – Vinci, Bouygues, Saint-Gobain, Altrad, et autres se mobilisent pour la reconstruction – 16 avril 2019 – Article
  11. La Voix du Nord – Anne Hidalgo annonce une donation de 50 millions – 16 avril 2019 – Article
  12. Libération – La défiscalisation des dons pour Notre-Dame – 16 avril 2019 – Article
  13. EuroNews – Le Pape François fait un don de 500 millions de dollars à l’église catholique du Mexique – 28 avril 2019 – Article
  14. Vosges Matin – La société Aubriat d’Épinal a traité la charpente de Notre-Dame – 29 janvier 2019 – Article
  15. Incendie ND de Paris – Réflexions sur les causes de l’incendie – 25 avril 2019 – Blog
  16. Courier International – Vague de profanation d’églises en France – 20 mars 2019 – Article
  17. L’Obs – 16 statues de la flèche échappent miraculeusement à l’incendie -15 avril 2019 – Article
  18. Mediapart – Bernard Arnault & Vincent Bolloré à la tête d’un vaste réseau d’escroquerie -24 mai 2018 – Article
  19. Algarath-Phoenix – Notre-Dame, on va forcément savoir – 30 avril 2019 – Article
  20. Le Parisien – L’échafaudage de Notre-Dame – 19 juin 2018 – Article
  21. 20 Minutes – Attentat raté de Notre-Dame en 2016 – 12 avril 2019 – Article
  22. Bati Actu – Opinion d’incrédulité de l’architecte en chef de Notre Dame de 2000 à 2013 – 16 avril 2019 – Article
  23. Riposte Laïque – Macron interdit aux architectes de Notre-Dame de parler – 24 avril 2019 – Article
  24. Vinci – Rénovation de la Samaritaine – Site internet
  25. Huffington Post – Grand débat sur la reconstruction de Notre-Dame – 3 mai 2019 – Article

L’Île de la Cité

Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement. –Le Corbusier














Notre Dame 2024

Et la Rénovation de l’île de la Cité

Le 7 décembre 2015, le Président de la République François Hollande a confié à Mr Perrault, architecte et urbaniste, et Mr Bélaval, Président du Centre des Monuments Nationaux, une mission d’étude et d’orientation sur ce que pourrait être la place de l’Île de la Cité à l’horizon des 25 prochaines années. Le rapport de la mission fut remis à Mr Hollande et Mme Hidalgo, maire de Paris, le 16 décembre 2016 comme prévu. Le rapport de 56 pages, auquel s’ajoutent 9 planches graphiques, se conclut par une liste de 35 recommandations. Une exposition publique du projet dans l’édifice de la Conciergerie eut lieu du 15 février au 2 mai 2017. Une semaine après, le 7 mai 2017, Mr Macron entre à l’Élysée et hérite du project de l’Île de la Cité. Presque deux ans plus tard, les choses sont compliquées. Le président doit faire face aux émeutes hebdomadaires des Gilets Jaunes commencées le 17 novembre 2018, à l’opposition d’une majorité de la population ainsi qu’aux implications du récent incendie de Notre Dame de Paris.

Le rapport des deux architectes insiste sur la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques de 2024 et celle de la France pour devenir hôte de l’Exposition Universelle de 2025. Il recommande d’envisager de profiter des dynamiques de l’entretemps pour enclencher les travaux relatifs au nouveau schéma de mobilité de l’île ainsi qu’au renforcement des attraits paysagers et touristiques. L’accroissement prévisible du nombre de touristes présents à Paris dans le cadre de ces deux manifestations engage l’Île de la Cité à renforcer d’ici à ces échéances l’offre de logements et de services de l’île. Le rapport indique aussi (1) que l’on doit entre autre parvenir à réintroduire des activités ayant quitté l’Île de la Cité, grâce à de nouveaux espaces dégagés, (2) que l’on va offrir des logements de toutes natures, activités tertiaires, notamment en cherchant à y faire s’implanter des start-ups et bien sûr des commerces et services, et (3) que l’esquisse du projet démontre la possibilité de créer environ 100000 m² nouveaux sur l’île – soit une valeur foncière nouvelle dépassant le milliard d’euros – sans transformation radicale de son paysage.

En tant que promoteur immobilier je peux dire que chaque grand projet se trouve confronté à des défis quotidiens sans fin, depuis le concept jusqu’à l’occupation et la gérance des nouveaux bâtiments. De façon générale trois obstacles majeurs sont à surmonter. Ils consistent dans l’obtention (1) du soutien politique pour les permis de bâtir, (2) du soutien économique pour le financement du projet et (3) du soutien social pour le marketing des immeubles. Ceci est encore plus vrai pour un projet d’envergure comme celui de la rénovation urbaine de l’Île de la Cité. La reconstruction due à l’incendie de Notre Dame sur l’île de la Cité pourrait bien servir de catalyseur à la rénovation urbaine du projet global de l’Île. Les circonstances vont permettre d’obtenir à la fois le soutien des politiciens, celui des fonds du mécénat et celui de la population par solidarité. L’idéal pour faciliter la promotion du projet. Les utilisateurs d’espace se positionnent déjà pour ce qui sera la chasse gardée de l’un des plus prestigieux centres du commerce de luxe mondial. Arnault (Louis Vuitton), Pinault (Gucci) et les autres sont-ils des mécènes ou des affairistes? À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Santa Luzia – Achat

Le bonheur est comme les palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir… –Alexandre Dumas

Santa Luzia

La seule île privée du Cap Vert

D’une part, rares sont les promoteurs immobiliers qui peuvent être fiers d’avoir ajouté le nom d’une ville nouvelle sur une carte Google. Tel fut le cas de “Miratejo” et ses 4000 logements sur la rive sud du Tage à Lisbonne. Soit dit en passant que c’est dans le cadre de ce projet que j’ai introduit les hypothèques privées au Portugal. Pour la première fois un acheteur allait pouvoir acquérir son logement et le payer en 20 ans. D’autre part, rares aussi sont ceux dont une propriété se soit trouvée dans un atlas avant de figurer dans le cadastre. Telle fut le cas de l’île de “Santa Luzia” dans l’archipel du Cap Vert. Il y a une cinquantaine d’années, même le gouverneur du Cap Vert ne savait pas que cette île était une propriété privée. Tout a commencé le jour où un ingénieur qui travaillait pour “Miratejo” vint m’annoncer que lui et sept membres de sa famille étaient les cohéritiers de l’île de Santa Luzia et cherchaient à la vendre pour sortir d’indivision.

L’histoire remonte en 1918 lorsqu’une épidémie de grippe venue d’Espagne allait tuer 60,000 Portugais. Pour la protection de sa famille, l’arrière-grand-père de l’ingénieur acquit l’île, y construisit une petite maison pour y accueillir les siens. La leçon de l’arrière-grand-père est qu’en temps d’épidémie ou de guerre, il faut aller vivre là où on sauve sa peau et celles de ses proches. Après l’épidémie l’île fut abandonnée. Le prix de vente proposé par l’ingénieur était acceptable et avec deux investisseurs, nous décidâmes d’aller de l’avant dans l’acquisition de l’île. Des documents anciens attestaient que l’île était privée. Le contrat d’achat fut rédigé par notre avocat, le prix fut payé au vendeur et la vente fut consommée. C’est alors qu’un bémol survint lors du paiement de la taxe de transmission. Le Département des Finances du Cap Vert n’était pas au courant que l’île de Santa Luzia était une propriété privée et refusait d’accepter le payement de la taxe de transmission. C’est alors que notre avocat et moi allions rencontrer le gouverneur de l’archipel pour lui soumettre les documents historiques. Nous le rencontrerons dans son palais sur l’île de Boa Vista.

Le gouverneur devait nous donner une réponse le lendemain matin. Nous louons un avion privé pour aller à l’île de São Vicente chercher l’argent de la taxe, puis aller à l’île de São Nicolau payer la taxe et finalement revenir à l’aéroport de l’île de Sal pour retourner à Lisbonne. L’avion privé n’était pas équipé pour voler de nuit et nous devions arriver à l’île de Sal au plus tard à 18h30. La réponse favorable du gouverneur n’arrive qu’à 13h30 et ce sera une course contre la montre. On part immédiatement vers la banque de São Vicente qui n’a pas d’argent et qui nous donne une traite bancaire à encaisser chez un commerçant de l’île de São Nicolau. Nous arrivons à l’aérodrome en terre battue de São Nicolau où il n’y a personne. Un type sur un vélomoteur permet à l’avocat d’arriver juste à temps avec l’argent avant la fermeture du bureau des Finances. La taxe est payée et nous arrivons tout juste à 18h30 pour prendre l’avion de Lisbonne. Nous voilà propriétaires de l’île de Santa Luzia. Des complications sérieuses allaient seulement commencer. À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Drame et Miracle

Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. –Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831). Prémonitions d’écrivain?





Immense tristesse

L’âme blessée de Notre-Dame

Gravure sur cuivre (impression) par Matthäus Merian l’Ancien (1650) – Notre Dame de Paris

Cette semaine pascale fut marquée par l’incendie partiel de Notre Dame de Paris. Sous l’emprise des flammes, la charpente en bois de chêne d’origine entraina les deux-tiers de la toiture en plomb dans sa destruction. La sévérité du feu causera également la chute de la célèbre flèche de la cathédrale. Heureusement, il n’y a pas eu à déplorer de morts et la structure en pierre a résisté aux flammes. La quasi-totalité des oeuvres d’art ont également pu être sauvées. À la destruction soudaine de l’un des grands symboles du christianisme et de la France s’associe la perte du sentiment d’invulnérabilité. Après l’acceptation de l’irréversibilité du drame, la vie va reprendre ses droits. Toutefois psychologiquement une certaine confiance en soi aura été ébranlée. Les choses ne seront plus jamais les mêmes, il y aura un avant et un après l’incendie de Notre Dame.

Dans les heures qui suivirent le début de l’incendie, le procureur de Paris confia une enquête préliminaire à la police judiciaire. Les enquêteurs entendirent une quinzaine de témoins, dont des ouvriers d’un chantier en cours. Moins de vingt-quatre heures après, le procureur déclara écarter la possibilité d’un acte criminel et qualifier la situation de «destruction involontaire par incendie». Quatre jours plus tard, les enquêteurs affirmèrent que la cause probable serait un court-circuit, voire une erreur dans le logiciel, ce qui est contredit par l’ancien architecte en chef de la cathédrale. Tous les experts savent que cela prend des mois et parfois des années pour déterminer la cause d’un incendie. Alors en quelques heures ou quelques jours pour un édifice comme la cathédrale de Notre Dame de Paris, il est bien évidemment trop tôt pour conclure quoi que ce soit. Qu’il s’agisse d’un acte volontaire ou non, le mal est fait. La blessure de l’âme de la cathédrale est irréparable.

Bien sûr on pourra réparer la partie endommagée de l’édifice, mais pas la perte du sacré des bâtisseurs originaux, ni celle de la foi des fidèles investie au fil des siècles, ni l’âme collective de l’oeuvre d’art. En moins de vingt-quatre heures, l’argent de la reconstruction était mobilisé par les richissimes de France et du monde. À ces fonds sans âme, j’aurais plutôt préféré un investissement plus spirituel réuni par la population française et le Vatican. La nouvelle construction ne pourra jamais remplacer l’âme perdue et ne sera finalement qu’une copie vidée de son sacré. Décréter aujourd’hui sans base factuelle que la cause de l’incendie est involontaire ne peut être qu’une décision politique. Beaucoup de questions restent sans réponse pour le moment, tout spécialement si la cause se révélait être volontaire. De plus si le terrorisme devait en être à l’origine, la situation pourrait dégénérer en guerre civile de religion. Dans une telle éventualité, il est préférable d’attendre un peu pour connaitre la vérité et éviter d’attiser les haines à chaud. Que ce weekend de Pâques soit porteur de sagesse, d’amour et de paix pour tous.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

La Fausse Monnaie


La monnaie papier finit toujours pas retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro ! –Voltaire

Trois Faux-Monnayeurs

Richie, Bernie et Sammy

La spéculation avec de la fausse monnaie marche très bien … jusqu’au jour où tout s’effondre! Trois faux-monnayeurs, Richie, Bernie et Sammy, vont nous donner des leçons pratiques dans notre vie de tous les jours. Richie, le banquier du Monopoly a l’air d’un bon type. Contrairement à la vie réelle, (1) il donne à chacun le même capital pour démarrer le jeu de la spéculation immobilière, (2) ce capital est un cadeau et non un prêt, et (3) il n’a aucune attente à la fin du jeu ni des millionnaires ni des ruinés. Toutefois, le bon Richie a aussi un côté diabolique, car il encourage tous les joueurs (1) à tenter de devenir la seule entité à contrôler le marché immobilier et (2) à se réjouir d’avoir conduit les autres joueurs à la faillite. Blesser les sentiments de sa famille et de ses amis ne vaut pas les gains monétaires du jeu. L’argent du Monopoly est faux, mais la famille et les amis sont réels. Et si tout l’argent du monde était faux? L’argent ne peut pas acheter l’affection et l’amour de nos proches. Si un jour, l’encre sur l’argent venait à s’évaporer, l’union avec nos êtres chers pourrait se révéler critique.

Bernie, le plus grand escroc de l’histoire, développa une opération financière monumentale avec ZÉRO actifs. Durant plusieurs décennies, il se trouva confronté au défi majeur de faire croire à ses investisseurs que ses fausses dettes étaient couvertes par des actifs réels. Tant alla la cruche à l’eau qu’à la fin elle se cassa. Dans le Monopoly Richie a une carte pour sortir de prison, mais Bernie pas. S’il avait choisi son talent de magicien comme David Copperfield, il serait en liberté aujourd’hui. L’argent ne peut pas acheter les talents. Si un jour, l’encre sur l’argent venait à s’évaporer, nos talents pourraient se révéler critiques. Sammy le banquier de la Réserve Fédérale, a continué à imprimer des dollars malgré la suppression de la couverture en or en 1971. Seule la fragile croyance des utilisateurs en est la garantie. Comme pour Bernie, Sammy a dépassé la masse critique où ni pause ni contrôle ne sont plus possibles. Au lieu de gaspiller son pouvoir monétaire en guerres inutiles et biens superflus, Sammy eut mieux fait d’utiliser son expérience plus judicieusement. Et si toute la dette mondiale était fausse? L’argent ne peut pas acheter l’expérience. Si un jour, l’encre sur l’argent venait à s’évaporer, notre expérience pourrait se révéler critique. 

La leçon de Richie: nos êtres chers sont plus importants que l’argent. Les êtres chers n’ont pas de prix. Cultivez vos liens d’amitiés anciens et nouveaux. Vos proches sont irremplaçables. Soyez là pour eux. La leçon de Bernie: nos talents sont plus importants que l’argent. Les talents n’ont pas de prix. Cultivez ce que vous faites mieux que les autres. Non seulement vous en aurez du plaisir, mais qui sait, vos talents pourraient devenir utiles si un jour vous deviez vous réinventer. La leçon de Sammy: notre expérience est plus importante que l’argent. L’expérience n’a pas de prix. Ne cessez jamais d’apprendre des événements de la vie, surtout lorsque les choses ne se passent pas comme prévues. Le bon jugement vient de l’expérience, qui est le résultat de mauvais jugements. Ce cycle se répète à l’infini. En résumé, les êtres chers, le talent et l’expérience sont plus importants que l’argent, mais ne serviraient à rien sans la santé. A quoi sert-il de perdre une vie entière à gagner de l’argent uniquement pour payer le docteur à la fin? Voici mon classement final des vraies valeurs: (1) la santé, (2) les êtres chers, (3) les talents, (4) l’expérience et (5) l’argent. Pour la plupart des gens, l’argent vient en numéro un. Certes il en faut pour assurer l’essentiel vital, mais au-delà sa priorité se situe en numéro 5 …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Matériel et Spirituel

La principale qualité de l’argent est de donner la certitude à ceux qui n’en ont pas d’être aimés pour eux-mêmes. –Inconnu

Sécurité et Liberté

Les préalables au bonheur

Ma vie créative fut divisée en deux parties distinctes. La première en gagnant de l’argent pour élever les enfants et jouer un rôle utile dans la société. La deuxième en dépensant l’argent gagné pour acquérir de nouvelles connaissances, les transmettre aux autres et les aider. Les activités immobilières m’ont donné la grande satisfaction de mettre un toit sur la tête de milliers de familles. Mon expansion créative quant à elle se centra sur la psychologie, le feng shui, la peinture, l’écriture, le développement de sites internet et le cinéma. Je me considère privilégié d’avoir pu en quelque sorte passer de l’art des affaires aux affaires de l’art. Cette expérience m’a enseigné que l’on s’enrichit plus en dépensant l’argent qu’en l’accumulant. La leçon que j’en retiens est que les possessions au-delà de l’essentiel sont une entrave à la liberté et donc au bonheur.

Au-delà de l’indépendance financière et de l’autonomie, la sécurité existentielle et la liberté sont nos deux préoccupations majeures. Idéalement notre existence devrait être comme une maison protégée par une montagne dans le dos (terre = sécurité) et faisant face à l’espace ouvert à l’avant (ciel = liberté). Dans la culture occidentale actuelle, la vie de la plupart des gens tourne autour du confort matériel tout en déniant le prix des pertes de liberté. Le dessin illustre comment l’excès de la richesse matérielle vient avec la pauvreté spirituelle et comment le riche mendiant a fini par vendre son âme.

Dans le monde d’aujourd’hui, l’avenir de notre sécurité financière et de notre indépendance est trouble. Chercher la sécurité intérieure et la liberté sont devenus notre défi le plus urgent. Contrairement aux possessions extérieures, notre richesse intérieure devient la nôtre à jamais et personne ne pourra jamais l’éroder, la taxer ou la dépouiller. Il nous faut acquérir dès maintenant un plus grand éveil par le prise de conscience de chaque instant. Telle la vie pré-natale, la lumière est toujours au bout du tunnel jamais avant. La sécurité et la liberté reposent sur la vérité dans l’esprit, l’amour dans le cœur, le bien-être dans le corps, la beauté dans l’âme et la lumière dans l’esprit.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Une Autre Europe

La haine c’est comme boire du poison et attendre que l’autre personne meure. –Saint Augustin



Europe des Régions

Ni mondialiste ni nationaliste

Selon le Centre de Politique Européenne, depuis son introduction en 1999 l’euro a causé une perte de 56.000 euros pour chaque français et un gain de 23.000 euros pour chaque allemand. Tous les pays de l’UE sont perdants à l’exception de l’Allemagne et de la Hollande, le discret paradis fiscal. La création de l’euro reposait sur la promesse d’un grand marché dont chaque pays obtiendrait une part du gâteau commercial plus grande qu’avant. Cela ne s’est pas produit, car l’euro n’a jamais été rien d’autre qu’un deutsche mark avec un autre nom. Alors je vous demande de me donner une bonne raison pour laquelle l’Espagne, par exemple, devrait accepter aujourd’hui que Bruxelles prenne des décisions la concernant à sa place.

De plus, aucun habitant de l’UE ne se sent européen. Certains bretons, par exemple, se sentent même plus bretons que français, alors se sentir européens ou extra-terrestres c’est du pareil au même. Tout ça pour dire que l’euro et l’Europe doivent complètement être réinventés faute de quoi leurs implosion deviendrait inéluctable. Ballottée entre le mondialisme et le nationalisme, l’Europe est devenue dysfonctionnelle. Ni le pouvoir absolu de l’argent d’une part, ni le retour aux souverainetés nationales d’autre part ne nous offre un modèle d’avenir enviable. Ne me dites pas qu’il n’y a pas de solution. Ce qui suit représente ma vision idéalisée d’une troisième voie.

(1) Sur le plan politique, la création d’une Europe des régions où chacune et chacun pourra aisément s’identifier à ses racines. (2) Sur le plan économique, la création d’une double monnaie. D’une part, les monnaies régionales non-spéculative à usage du commerce intérieur et d’autre part l’euro pour le commerce international. (3) Sur le plan social, assurer le minimum vital pour ceux et celles dont le travail est remplacé par une machine ou un logiciel. Les fonds pour couvrir leurs besoins essentiels devraient provenir de la taxation des robots et des entreprises qui en bénéficient. Le modèle que je propose tardera sans doute à être mis en oeuvre, non pas parce qu’il est irréaliste mais à cause des politiciens dont le bon sens et la recherche de solutions ont disparus de leurs préoccupations depuis bien longtemps. En attendant l’homme ou la femme providentiel(le) qui renversera la table …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Les Monnaies Locales

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l’énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l’énergie trouve sa propre liberté. –Jiddu Krishnamurti, Le sens du bonheur

Les monnaies locales

Éviter la spéculation et soutenir les commerces de proximité

Le plus ardent défenseur des monnaies complémentaires vient de nous quitter à l’âge de 76 ans. Bernard Lietaer était un ingénieur et économiste belge qui, en sa qualité de directeur de la Banque Nationale de Belgique, fut responsable de la mise en place du système de monnaie unique européenne (ECU) ainsi que la création de l’Euro qui en suivit. Il fut l’auteur de nombreux articles et livres que j’ai lus au fil des décennies. J’ai le souvenir d’un article original de ses débuts intitulé “La spiritualité de l’argent” publié dans le magazine “Gnosis”. Combiner la finance, la psychologie et la philosophie n’est pas “monnaie” courante. C’est avec une profonde tristesse que je ressens la perte d’un homme si juste, si humain et si intelligent.

Les 34 gros points sur la carte représentent les monnaies locales circulant actuellement en France. Chacune est connue sous le vocable de “Monnaie Locale Complémentaire et Citoyenne (MLCC)”. La Roue du Pays d’Aix fut lancée en 2017 et j’y participais comme membre adhérent professionnel de la première heure. Aujourd’hui il y a plus de 160 000 roues qui circulent dans l’espace élargi “Pays d’Aix, Provence et Alpes du Sud” dont Aix est une antenne. Plus de 700 professionnels acceptent d’y être payé en roues et plus de 2 500 utilisateurs l’utilisent pour leurs achats. Pour la petite histoire, veuillez noter que le mot “ROUE” est l’anagramme du mot “EURO”. À noter aussi que chaque professionnel doit être approuvé par une commission éthique. Voici 9 bonnes raisons pour adopter la monnaie locale.

(1) Dynamiser l’économie locale, (2) Défendre le commerce de proximité, (3) Assurer la transition écologique, (4) Réduire la spéculation financière, (5) Identifier les professionnels éthiques, (6) Rejoindre un réseau solidaire, (7) Favoriser le développement de projets éthiques, (8) Promouvoir un rôle d’éducation populaire et (9) Reprendre le pouvoir d’achat. En résumé, la création d’une monnaie locale permet de se réapproprier l’outil monétaire et donc d’avoir prise sur l’économie. Le Royaume Uni est à la pointe des monnaies locales. Dix pour-cent des transactions de la ville de Bristol se font en livres de Bristol y compris le salaire du maire. Telle la Provence, chaque région peut avoir sa monnaie locale. Le commerce international continuerait à utiliser l’Euro. L’Europe des régions avec leurs monnaies propres pourrait très bien être le modèle de son avenir.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

De l’Audace

De l’audace, encore de l’audace, toujours d l’audace. –Georges Danton

Un ingénieur débrouillard

décroche un super boulot en période de crise

Les crises économiques ne sont rien de neuf sous le soleil. Déjà dans les années 1960 en Belgique, le marché de l’emploi était bouché pour un ingénieur civil fraîchement diplômé. Après plusieurs semaines et plusieurs dizaines de CV en Belgique et dans certains pays du tiers monde, toujours pas d’emploi. Finalement, je reçois une convocation pour une interview avec le VP de la plus importante société de promotion immobilière belge. J’arrive dans une splendide maison de maître en face du Parc Royal et monte par un escalier à la royale au 1er étage où je passe 45 minutes avec le VP. Il conclut notre entretien en disant “Nous n’avons pas de poste ouvert pour le moment, laissez-nous votre CV et nous vous contacterons si les choses changent.” En clair, cela voulait dire que je n’entendrai plus jamais parler de lui.

Je sors du bureau du VP et redescend les escaliers à la royale pour me diriger vers la porte de rue. Arrivé au rez-de-chaussée, je ne sais pas pourquoi je choisis de faire un tour dans le corridor au lieu de sortir de l’immeuble. Lorsque tout à coup je vois un bureau vide et inoccupé dans lequel je décide de m’installer. Quelques instants plus tard, le directeur des travaux vient me saluer et nous avons une très agréable conversation. Je lui demande s’il pouvait me communiquer les données de chaque chantier pour une compilation statistique. Il hésite un peu et me communique les documents. Á une époque où il n’y avait pas encore de tableurs électroniques, une telle compilation manuelle représentait un travail considérable.

Je me suis mis à ce travail qui allait prendre pas mal de temps et revins donc le lendemain pour continuer. Le tableur manuel allait compiler pour chaque corps de métier les prix totaux et unitaires de tous les chantiers. Cette tâche énorme requerrait de l’aide et j’engageais deux étudiants pour m’aider. Ce travail dura deux semaines et finalement je possédais tous les signaux d’alarme critiques pour la rentabilité de l’entreprise. Ici on payait trop cher pour le bois, là pour le béton ou encore ailleurs pour le chauffage, etc… C’est alors que je demandais un entretien avec le Président, qui fut tellement impressionné qu’il m’engagea sur le champ pour m’occuper d’un chantier de 5 immeubles de 120 appartements chacun. La leçon de cette expérience fut qu’en prenant des risques les chances de réussite augmentent.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge