Le Rotary

Le monde est plein de choses vertueuses qui n’ont pas encore été entreprises. —Paul Harris, créateur du premier Rotary Club le 23 février1905 à Chicago

Dans mes pérégrinations, j’ai appartenu à différents groupes tels que les Amis de la Bibliothèque d’Orlando, les Amis de Carl Jung d’Orlando dont je fus le fondateur, la Société Carl Jung de Sarasota, le Club Mensa, etc.. mais celui dans lequel j’ai joué le plus grand rôle actif fut assurément le Rotary Club. J’ai été un Rotarien pendant plus de quatre décennies. Tout a commencé par le Rotary Club de Lisbonne où pendant sept années je suis resté le plus jeune membre et a fini avec le Rotary Club d’Altamonte Springs, au nord d’Orlando en Floride. Ce qui m’avait séduit d’emblée avec le Rotary, c’était sa mission humanitaire basée sur l’amitié entre ses membres et ses actions concrètes pour faire un monde meilleur. La principale mission du Rotary fut l’éradication de la polio dans le monde en association avec la Fondation Bill et Melinda Gates. Un investissement de 1,5 milliards de dollars, dans lequel ma minuscule contribution me valu d’être honoré comme “Paul Harris Fellow”.

Au départ le Rotary n’avait que des membres masculins. Dans les années 1980, j’ai été un des premiers au monde à vouloir changer cette tradition. En l’occurrence je choisis de parrainer la candidature d’une femme, ma secrétaire Mary. Une pression fut exercée par certains membres pour que je renonce à ce parrainage, ce que j’avais refusé. Elle fut finalement admise mais après quelques semaines elle décida de donner sa démission tant le rejet de certains membres lui fut pénible à endurer. Aujourd’hui une telle discrimination n’existe plus au Rotary. Le club d’Altamonte Springs contribuait à de multiples causes charitables locales telles que l’octroi de bouses d’études. Pour récolter des fonds, j’étais un des organisateurs d’une foire gastronomique annuelle où les restaurants locaux offraient des échantillons de leurs spécialités cuisinés sur place aux visiteurs qui avaient libre accès en réglant un droit d’entrée. Parmi les membres que j’ai parrainés, figurait l’inénarrable Eddie Rose dont la bonne humeur était si communicative. Il était aimé de tous et on pensait souvent à lui bien longtemps après son décès. Voici une anecdote le concernant.

Pendant mes années à San Francisco, Eddie Rose est venu en visite avec sa femme Mary. Elle était une experte de réputation mondiale en natation synchronisée. Il formait un couple très uni depuis plusieurs décennies. Quand ils se sont rencontrés, elle était Miss New Jersey et lui un clown professionnel. Leur fils Charlie deviendra un nageur de niveau olympique. Un jour Eddie plaisanta en annonçant “Hier j’ai fait un voyage d’agrément … j’ai conduit ma femme à l’aéroport”. Donc, Eddie et moi avions bien sûr décidé d’aller déjeuner au Rotary Club de San Francisco, qui fut le deuxième club créé un peu après celui de Chicago en 1905. Soit dit en passant, le club avait une amende de plus de 100 dollars si un portable sonnait. Donc, nous voilà assis à une table de quatre en compagnie de deux autres rotariens locaux. L’un demanda à Eddie d’où il venait, qui lui répondit avec son humour habituel… “Je viens de Floride, mais je compte rester parce que j’ai trouvé une place de parking”. Pour la petite histoire, dans sa jeunesse Eddie faisait partie de la troupe des “Water Follies” en qualité de clown aquatique avec des représentations quotidiennes à l’Expo Universelle de 1958 à Bruxelles. J’allais presque tous les jours à l’Expo. Sans le savoir, nos chemins furent sûrement très proches. La synchronicité voulut qu’une quarantaine d’années plus tard nous allions nous rencontrer en Floride à Altamonte Springs où il était un des cinq échevins. C’est aussi dans cette ville que j’ai fait la promotion d’un complexe de 300 appartements.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Hauts et Bas

Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.—Gustave Le Bon (1841-1931)















Le Général Alcazar

Avant et après

Lisbonne, 1966. Mon service militaire en Belgique terminé, je pars à l’aventure au Portugal avec pour objectif d’y faire de la prospection dans le secteur immobilier. Le tourisme dans le sud de l’Espagne était en plein essor et le sud du Portugal devait naturellement suivre. Toutefois le tourisme en Algarve n’était pas encore prêt. Les infrastructures de base telles que les transports, l’alimentation, l’hôtellerie, les hôpitaux émergeaient à peine. Les prix des propriétés étaient déjà élevés, trop tard pour la spéculation et trop tôt pour la promotion. C’est alors que je me suis tourné vers la promotion urbaine dans la périphérie de Lisbonne et qui allait aboutir avec la construction de Miratejo, une ville nouvelle de 4000 logements. J’avais installé mon bureau au 3e étage d’un immeuble résidentiel prestigieux. Dans l’ascenseur je fis connaissance de mon voisin du 4e étage. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer un ancien président en exil… Oui, un général… Non, pas du Général Alcazar mais presque… Le Général Héctor Trujillo, qui fut le président de la République Dominicaine de 1952 à 1962.

Héctor Trujillo succéda à Rafael Trujillo, son frère aîné de 17 ans, dont il devint l’homme de paille. Le dictateur Rafael préféra limiter son règne officiel à deux mandats comme aux États-Unis. Tout au long, Rafael restera l’homme fort du régime. En 1961, il sera assassiné dans une embuscade alors qu’il était en voyage dans sa voiture. Ce fut la fin de l’ère des Trujillo et Héctor prit la fuite avec une fortune considérable. Il se retrouvera en exil à Lisbonne d’abord et à Miami ensuite où il vivra jusqu’à l’âge de 96 ans. L’homme que je rencontrais souvent dans l’ascenseur menait une vie au profil bas en compagnie d’une dame blonde. Sur la liste des résidents de l’immeuble, il apparaissait sous le nom “Alma-Trujillo”. Pour la petite histoire, lors de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles, j’avais été invité à une réception officielle donnée au pavillon de la République Dominicaine. Synchronicité prémonitoire ? Le Lisbonne des années 1960 était connu comme une terre d’accueil pour les chefs d’États en exil. S’y trouvait également l’ancien président de Cuba Fulgencio Batista chassé du pouvoir par Fidel Castro, le Comte de Barcelone père de Juan Carlos le futur roi d’Espagne ainsi que le roi Umberto d’Italie.

Tels les empires, les dictateurs suivent le même processus depuis la conquête et la culmination jusqu’au déclin. Beaucoup finissent en exil, en prison ou assassiné. Qui sont les dictateurs d’aujourd’hui ? La plupart des chefs d’États ne sont que des marionnettes aux mains des dictateurs de la finance basés à Londres, Washington et au Vatican. On n’entend jamais parler des marionnettistes, mais la vulnérabilité de leur pouvoir indique qu’ils ne sauront jamais s’arrêter avant l’incontournable effondrement. Assimilant la République Dominicaine à sa fortune personnelle, Rafael Trujillo était considéré comme un des hommes le plus riche du monde. Le 15 avril 1961, Murphy le quatrième émissaire du gouvernement américain arrive à Santo Domingo pour tenter de convaincre Rafael Trujillo de se retirer dans les meilleures conditions, mais celui-ci resta ferme sur ses positions : « Moi, on ne me fera sortir que sur un brancard ». Tous les pouvoirs totalitaires de l’histoire ont toujours mal fini. Il y a de l’espoir…

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Le Scandale de Notre-Dame

Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. —Simone de Beauvoir














Même Toiture Qu’Avant

mais en verre

Ceci est le quatrième post publié sur ce blog à propos de l’incendie de Notre-Dame du 16 avril. Voir “Drame et Miracle – 19/04“, “L’Île de la Cité – 26/04” et surtout “Suivez l’Argent – 03/05” qui détaille la chronologie depuis décembre 2015. Voici la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui, ainsi que les informations sur l’incendie de Notre-Dame qui furent révélées depuis le post précédent.

(1) Selon André Finot, attaché de presse principal à Notre-Dame, plus de 2 mois après l’incendie les riches “donateurs” français à la hauteur de 1000 millions d’euros n’ont toujours pas contribué le premier centime, alors que d’importants travaux sont en cours sans relâche depuis le 17 avril 2019. Pinault, Arnaud, Bettencourt et les autres disent attendre de voir comment les plans de reconstruction progressent avant d’y contribuer !!!
(2) Députés et sénateurs ont échoué à s’accorder sur un texte commun concernant la rénovation.
(3) Alors que la version officielle de l’incendie fut qualifiée d’accident en moins de 24 heures, il n’y a eu aucune information sur de l’enquête depuis deux mois. Il eut certainement mieux valu confier l’enquête à une entité neutre et indépendante. Si la thèse de l’accident devait être rejetée, alors il s’agirait d’un acte pyromane commandité.
(4) Les bénéficiaires présumés de l’incendie, qui étaient avant tout intéressés au projet immobilier de l’Île de la Cité, se trouvent devant un imprévu de taille. La toiture de Notre-Dame contenait 300 tonnes de plomb qui a fondu avec l’incendie et s’est répandu dans le sous-sol de toute l’île de la Cité à un niveau d’empoisonnement tellement élevé qu’il pourrait différer voire annuler le projet de développement. Ceci pourrait bien expliquer le blocage actuel des fonds de rénovation de Notre-Dame mentionnés au point (1) ci-dessus.
(5) L’image dans l’en-tête de ce post représente un projet créé par l’important bureau d’architecture américain “Eight, Inc.” qui depuis une vingtaine d’années est le concepteur des magasins transparents d’Apple dans le monde entier. La nouvelle toiture de Notre-Dame proposée sera la réplique exacte de l’ancienne, mais en verre !!
(6) Les travaux en cours, tels que déblaiement et démontage des échafaudages, protection de la partie restante de l’édifice et première phase de reconstruction sont subsidiés par “Les Amis de Notre-Dame”, une fondation caritative financée à 90% par des petits donateurs américains, à la hauteur ce jour de 4,1 millions de dollars. Les disponibilités de la fondation sont insuffisantes pour couvrir les salaires des 150 ouvriers sur le chantier et les factures qui s’accumulent.
(7) Le 22 mai, le Sénat supprime l’article qui habilite le gouvernement à déroger à certaines règles (urbanisme, environnement, construction, préservation du patrimoine, commande publique) et insiste que Notre-Dame doit être restaurée pour retrouver son “ dernier état visuel connu “. Le 4 juin, députés et sénateurs n’arrivent pas à s’entendre. Le projet de loi devra donc revenir en nouvelle lecture dans les deux chambres, puis à l’Assemblée qui aura le dernier mot, probablement après les vacances.
(8) Le 17 mai 2019, le promoteur immobilier Novaxia a été retenu pour l’aménagement, la programmation ainsi que l’occupation du site du Parvis Notre-Dame, soit un tiers de la surface de l’hôpital Hôtel-Dieu tournée vers la Seine pour la coquette somme de 144 millions d’euros via un bail de 80 ans. Quelque 20.000 m2 seront ainsi mis à la disposition de Novaxia pour usage de bureaux médicaux, shopping et restauration.
(9) M. Civetta est l’associé de M. Le Gras dans la société d’entreprise Julien Le Gras en charge des travaux d’échafaudages pour la rénovation de la flèche. Pour la petite histoire, M. Civetta est marié avec Mme. Caroline Hennessy, dont la famille fait partie du groupe LVMH, lui-même impliqué dans le projet immobilier de l’Île de la Cité depuis 2016.
(10) Un dossier très complet et détaillé sur l’incendie de Notre-Dame est publié par “Faits et Documents”, une lettre d’information privée et confidentielle. Le dossier, qui est un véritable réquisitoire contre les auteurs présumés du crime peut être consulté en cliquant sur le lien du site “Algarath-Phoenix“. La dernière édition de “Faits et Documents” décrit le rôle trop influent de Jean-Louis Missika, l’adjoint à l’urbanisme d’Anne Hidalgo. Son portrait peut être consulté en cliquant sur cet autre lien du site “Algarath-Phoenix“.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Santa Luzia – Vente

Quelqu’un m’a demandé, si j’étais coincé sur une île déserte, quel livre j’apporterais … “Comment construire un bateau”. —Steven Wright, humoriste américain

Santa Luzia

La seule île privée du Cap-Vert

Ce post est la suite de celui sur l’achat de l’île de Santa Luzia. Avec deux associés, nous sommes donc devenus propriétaires de Santa Luzia la seule île privée de l’archipel du Cap-Vert. Situé au large du Sénégal et à la croisée de 4 continents, le Cap-Vert possède un ensoleillement permanent. Il n’y pleut pour ainsi dire jamais. Avec 12 km de long, 2 plages de sable fin et une montagne de 400 mètres de haut, Santa Luzia offrait la possibilité d’y réaliser un complexe touristique exceptionnel. Santa Luzia est la seule île du Cap-Vert inhabitée ou plus exactement occupée par 1 seul habitant dénommé Da Cruz qui n’est pas sans rappeler son homonymie avec Robinson Crusoé. Depuis une vingtaine d’années, il habitait là dans l’ancienne maison en ruine et passait son temps à récolter les épaves venues de la mer qu’il vendait une fois par an sur l’île adjacente de São Vicente. Là il buvait le produit de sa vente et s’en retournait à Santa Luzia pour une autre année.

Une surprise inattendue allait bloquer tous projets. À l’époque le Cap-Vert était un Territoire d’Outre-Mer du Portugal et j’allais à nouveau me trouver confronté avec le président Salazar. La première démarche consista à créer un superbe dossier commercial très détaillé composé de deux livrets richement illustrés, l’un sur Santa Luzia et l’autre sur le Cap-Vert. Vint ensuite le test du marché d’une telle propriété avec des annonces de vente dans le Wall Street Journal et Fortune Magazine. Je reçus une centaine de réponses couvrant des intérêts divers tels des projets touristiques, la création d’un port franc, la possibilité d’émettre monnaies et timbres, un paradis fiscal et même la création d’une base militaire américaine due à la localisation stratégique de l’île.

Jusqu’au jour où je fus convoqué à la police des Territoires d’Outre-Mer qui me félicita pour la qualité du dossier, me signifia que je ne pourrai jamais rien faire avec l’île et de tout interdire y compris son accès. La police venait de se faire taper sur les doigts pour avoir laissé passer un pseudo projet touristique de 1200 lits sur l’île de Boa Vista. La piste de l’aérodrome longue de 1,2 km, financée par l’Allemagne de l’Est, devait servir aux rebelles de la Guinée-Bissau. Je pris comme avocat Adelino Palma Carlos, connu pour son opposition au régime. qui n’arriva pas à changer les décisions prises. L’obstacle étant devenu insurmontable, nous avons revendu l’île à un groupe portugais à un bon prix. La leçon à retenir consiste à ne jamais entrer dans un investissement sans avoir une stratégie de sortie. Depuis l’île est devenue une réserve écologique. Pour la petite histoire, après la révolution des oeillets du 25 avril 1974 le 1er Premier Ministre ne fut autre qu’Adelino Palma Carlos …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Suivez l’Argent

Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. Nous avons tant à reconstruire. Alors oui, nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame, plus belle encore, et je souhaite que cela soit achevé d’ici 5 années, nous le pouvons. Et là aussi nous mobiliserons. L’urgence justifiera toutes les dérogations et toutes les transgressions. –Emmanuel Macron, le lendemain de l’incendie de Notre-Dame de Paris

Je vais proposer au président de la République que nous organisions tous ensemble, dans les prochaines semaines, une grande conférence internationale des donateurs, qui pourra se tenir à l’Hôtel de Ville. Cette conférence réunira des mécènes du monde entier afin de lever les fonds nécessaires à la restauration. –Anne Hidalgo, maire de Paris, au lendemain de l’incendie de Notre-Dame














Les Pièces d’un Puzzle

Unibail, Auchan, Arnault, Pinault et les autres

Ce post est le troisième volet sur l’incendie de Notre-Dame. Il suit le volet sur la perte du sacré des bâtisseurs originaux [Source 7] et celui sur le monumental projet immobilier de l’Île de la Cité [Source 8]. Le travail d’investigation qui suit va établir la chronologie factuelle des événements, afin de rechercher les liens entre les deux premiers volets et essayer de découvrir si les riches donateurs sont des vrais mécènes ou plutôt des affairistes.

Chronologie

  • 7 décembre 2015 – Tout commence en 2015. En décembre, le Président de la République François Hollande confie à M. Perrault et M. Bélaval, deux architectes de renom, une mission d’étude sur l’avenir de l’Île de la Cité [Source 1 – Page 43]. Notons en passant qu’Emmanuel Macron était alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.
  • 3 septembre 2016 – Notre-Dame fit l’objet d’un attentat raté par Inès Madani, une djihadiste de 22 ans, qui avec une complice avait mis le feu à une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz et aspergée de gasoil, garée en face de la cathédrale. Elle a comparu au tribunal correctionnel de Paris le 10 avril 2019, soit 5 jours avant l’incendie de Notre-Dame. Une peine de 9 ans d’emprisonnement a été requise contre elle pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Elle sera jugée aux assises du 23 septembre au 11 octobre 2019 [Source 21].
  • 16 décembre 2016 – Le rapport de la mission sur l’île de la Cité, contenant 56 pages et 9 planches graphiques, fut remis à M. Hollande et Mme Hidalgo, maire de Paris. Notons que le rapport rappelle d’une part qu’un ancien projet d’extension n’a jamais vu le jour à cause d’une barrière règlementaire, et qu’il démontre d’autre part la possibilité actuelle de créer environ 100 000 m2 nouveaux sur l’île – soit une valeur foncière nouvelle dépassant le milliard d’euros – sans transformation radicale de son paysage [Source 1 – Page 13]. Notons aussi que parmi les entretiens avec des personnalités qualifiées, on trouve déjà en 2016 M. Jean-Paul Claverie, conseiller de M. Bernard Arnault, président de LVMH et M. Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH [Source 1 – Pages 47 et 48]. On notera en passant qu’à deux pas de l’Île de la Cité, les grands magasins de la Samaritaine sont en complète rénovation avec un chantier d’environ 500 millions d’euros. En plus d’espaces commerciaux et de bureaux, le projet inclura un palace avec vue sur la Seine –le Cheval Blanc– d’une capacité de 72 chambres et suites. Comme par hasard, on notera que le propriétaire de La Samaritaine n’est autre que Arnault- LVMH et l’entrepreneur de la rénovation n’est autre que Vinci, pressenti pour la reconstruction de Notre Dame [Source 24].
  • Du 15 février au 2 mai 2017 – Exposition du projet de l’Île de la Cité à la Conciergerie afin d’informer l’opinion publique et d’obtenir son soutien.
  • 7 mai 2017. Macron entre à l’Élysée. Deux ans plus tard, le rapport des architectes n’est suivi d’aucun effet [Source 3].
  • 8 novembre 2017 – Le Monde révèle les “Panama Papers” et les secrets fiscaux de Bernard Arnault [Source 4].
  • 22 novembre 2017 – Entretien du projet en présence de M. Hollande. La page de couverture de la vidéo [Source 2 – 0:05] mentionne les sponsors du projet: (a) Le Ministère de la Culture, (b) La Cité de l’Architecture, (c) La Caisse des Dépôts qui est est une institution financière publique française créée en 1816 au bilan comptable de 166,5 milliards d’euros (2016) et (d) Unibail-Rodamco, affilié de Unibail-Rodamco-Westfield, qui est le premier groupe de l’immobilier commercial au monde, présent dans 13 pays et doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 64 milliards d’euros (2018). L’image dans l’en-tête de ce post est extraite en version agrandie de la planche 06 du rapport du 16 décembre 2016, On y notera la représentation du parvis en verre, de la flèche de Notre-Dame en version transparente et de la toiture avec l’option verrière [Source 2 – 32:30].
  • Février 2018 – La petite entreprise familiale Aubriat d’Épinal fut contactée pour un traitement antifongique sur la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Après avoir écarté le risque de mérule, M. Aubriat fut toutefois requis d’effectuer les travaux par le conservateur des monuments historiques de l’édifice et son architecte spécifique. Cette description semble se référer à M. Perrault et M. Bélaval. M. Aubriat nota que le chêne qui compose la toiture est un bois dur qui empêche d’utiliser le traitement par infiltration et qu’il lui faudra opter pour un traitement par pulvérisation d’un gel. Après quelques essais avec différents produits, le traitement fut entrepris, dura deux semaines avec trois employés et coûta 15 000 euros. La flèche allait être le projet suivant de M. Aubriat [Source 14]. Notons que l’article ne nous informe ni sur la nature du gel pulvérisé, ni sur l’adjudication du traitement de la flèche à M. Aubriat.
  • Avril 2018 – Début de l’installation de l’échafaudage pour la réparation de la flèche de Notre-Dame. C’est un véritable monument éphémère de 500 tonnes, soit 500 000 tubes d’acier, pour un budget total de 2,150 millions d’euros [Source 20]. La durée de la construction qui était initialement prévue pour 6 mois n’était pas encore terminée en avril 2019, soit 12 mois plus tard. Le chantier de réparation proprement dit n’avait pas encore commencé au moment de l’incendie de Notre-Dame..
  • 17 mars 2019Incendie criminel de l’Église Saint-Sulpice de Paris, qui s’inscrit dans une série de profanations quotidiennes d’églises recensées dans toute la France [Source 16].
  • 11 avril 2019 – Seize statues en cuivre, d’un poids total de 2 tonnes, furent détachées de la flèche de Notre-Dame de Paris pour être restaurées à Périgueux. Représentant les 12 apôtres et les 4 évangélistes, elles ont donc miraculeusement échappé à l’incendie à quatre jours près [Source 17].
  • 15 avril 2019Incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. La version volontaire de la cause de l’incendie fut écartée alors que la cathédrale était encore en flammes. Le mystère de la cause de l’incendie reste entier. On n’a toujours pas de piste pour savoir si la cause de l’incendie fut involontaire ou pas.
  • 16 avril 2019En tant qu’architecte en chef des monuments historiques, Benjamin Mouton a été en charge de la cathédrale Notre-Dame de 2000 à 2013, pour laquelle il a piloté le lourd chantier de la détection incendie. Il est incrédule sur l’hypothèse officielle de l’accident [Source 22]. Quelques jours plus tard, le 21 avril 2019 exactement, le ministère de la Culture va interdire aux architectes des monuments historiques de répondre aux interviews sur Notre-Dame. On peut se demander ce que Macron et le ministre de la Culture souhaitent cacher [Source 23].
  • 16 avril 2019 – Les braises de l’incendie ne sont pas encore éteintes. La population française et chrétienne est encore sous le rude choc émotionnel. En moins de 24 heures, la reconstruction de Notre-Dame et son financement à la hauteur du milliard d’euros sont annoncés. L’urgence ne justifie en rien un tel empressement et on peut alors s’interroger sur le pourquoi de cette précipitation.
  • 16 avril 2019 – Une liste de donateurs privés totalisant déjà 600+ millions d’euros est annoncée dès le lendemain de l’incendie. On y trouve la famille Arnaud-LVMH pour 200 millions, la famille Bettencourt-L’Oréal pour 200 millions, la famille Pinault pour 100 millions, le groupe Total pour 100 millions et une multitude d’autres fortunes pour des montants divers [Source 9]. On notera que si les entreprises de la rénovation qui était en cours sont responsables de l’incendie alors leurs assurances devraient payer. Le fait que l’on accepte les dons laisse craindre que ce ne soit pas le cas. On peut s’interroger sur l’origine des dons (actifs légitimes, paradis fiscaux, mafia, blanchiment, etc…). Une enquête de Médiapart révèle que François Pinault, Bernard Arnault, Vincent Bolloré sont impliqués dans un gigantesque réseau d’escroquerie en bande organisée, impliquant de très nombreux capitaines d’industrie français que Bercy est en train de mettre à nu [Source 18].
  • 16 avril 2019Vinci, Bouygues, Saint-Gobain, Altrad… le monde de la construction se mobilise pour reconstruire Notre-Dame [Source 10]. Un concours international pour la reconstruction de la flèche a été immédiatement annoncé.
  • 16 avril 2019 – Anne Hidalgo annonce une contribution à hauteur de 50 millions d’euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale de Notre-Dame de Paris [Source 11]. On peut se demander comment la mairie de Paris dispose instantanément d’un tel montant sans longs débats administratifs?
  • 16 avril 2019 – Les dons des particuliers et des entreprises pour la rénovation de la cathédrale Notre-Dame sont défiscalisés, et finalement payés par les contribuables. Pour les personnes physiques, le régime prévoit ainsi une réduction de l’impôt sur le revenu (IR), à hauteur de 66% du montant du don. Concernant l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), la réduction d’impôt s’élève à 75% du montant du don. Pour les entreprises, la réduction d’impôt sur les sociétés (IS) représente 60% du montant du don. Pour l’IS et l’IR, le crédit d’impôt est utilisable sur 5 ans. Compte tenu de l’impopularité de la défiscalisation, François Pinault renonce à la déduction fiscale sur son don et Jean-Jacques Aillagon à sa proposition d’étendre la déduction fiscale (90%) des trésors nationaux aux monuments [Source 12]. Le renoncement à la défiscalisation sera suivie par certains autres donateurs.
  • 19 avril 2019 – Observations de Serge Bernard sur l’irremplaçable perte du sacré de l’incendie de Notre-Dame [Source 7].
  • 24 avril 2019 – Une rumeur déniée relate que Mme Hidalgo aurait vendu le Parvis de Notre-Dame à Unibail cité plus haut et/ou à Auchan (Association familiale Mulliez), qui est une chaine de grande distribution dans 17 pays au chiffre d’affaire annuel de de 50,3 milliards d’euros (2018). La propriété de Notre-Dame et de son parvis est détenue à 53% par l ‘État et à 47% par la Ville de Paris. La juridiction est donc administrée non par la Ville mais bien par l’État [Source 1 Page 17]. Anne Hidalgo ne pouvait donc pas vendre seule le parvis. Toutefois, il a été confirmé que la rumeur reposait sur un simple projet qui n’a pas donné lieu, à aucun moment, à une validation de la part du chef de l’État [Source 3]. On peut se demander si la précipitation de la donation de 50 millions par la Ville de Paris ne s’expliquerait pas par une contre-partie de la vente des 47% [Source 11]. Il faut noter que la quasi-totalité des bâtiments et autres fonciers de l’île de la Cité appartiennent à l’État et à la Ville de Paris. L’Hôtel-Dieu, le Palais de justice, la Conciergerie, la Préfecture de police de Paris, le 36 quai des Orfèvres, le Tribunal de commerce de Paris, le marché aux fleurs et le parvis de Notre-Dame seront bientôt déménagés, réaménagés et disponibles pour d’autres affectations.
  • 25 avril 2019 – L’incendie de Notre-Dame pourrait débloquer les projets de l’Île de la Cité sur le plan politique et financier [Source 5]. Un nouveau blog fait le point très détaillé des faits sur les causes possibles de l’incendie [Source 15].
  • 26 avril 2019 – Observations de Serge Bernard sur le projet immobilier de l’Île de la Cité [Source 8].
  • 27 avril 2019 – Un article très bien documenté [Source 6] explique avec clarté la précipitation à décréter la cause accidentelle de l’incendie, l’affluence des donations, la législation de supprimer tous blocages légaux, commerciaux et procéduriers pour la reconstruction de la cathédrale et l’avancement du projet de l’Île de la Cité. Le délai de 5 ans, auquel correspond aux Jeux Olympique de 2024 suivi de l’Exposition Universelle en 2025, commande l’urgence [Source 1 – Page 10].
  • 28 avril 2019 – Le pape François a fait don de 500 millions de dollars à l’Église catholique du Mexique pour qu’elle puisse continuer à venir en aide aux migrants bloqués à la frontière avec les États-Unis [Source 13]. On peut toutefois s’interroger sur l’absence de dons du Vatican pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris. On notera aussi que la quasi-totalité des dons proviennent de France et des États-Unis, ce qui permet de se demander pourquoi la solidarité de l’Union Européenne est absente du groupe de donateurs.
  • 30 avril 2019 – On va forcément savoir dans les mois qui viennent les causes de l’incendie de Notre-Dame et, qui sait, peut-être découvrir à qui le crime pourrait profiter [Source 19].
  • 3 mai 2019 – Alors que plus d’un Français sur deux préfèrent une reconstruction de Notre-Dame de Paris à l’identique, le ministre de la Culture Franck Riester a affirmé qu’ils pourront s’exprimer lors d’un grand débat. Toutefois, le choix final du projet reviendra à l’Etat [Source 25]. Un autre grand débat d’enfumage pour détourner l’attention publique de ce qui est important.

Le point de départ de ce post consistait à déterminer si les riches donateurs étaient des mécènes ou des affairistes. Le montant des donations dépasse le milliard d’euros et le renoncement à la défiscalisation établit que celle-ci n’est pas un facteur décisif. S’il ne s’agissait que de la reconstruction de Notre-Dame, alors la défiscalisation aurait été un facteur déterminant du mécénat. C’est ici que le gigantesque projet immobilier de l’Île de la Cité combiné avec la reconstruction de Notre-Dame et l’énorme volume des touristes attendus à Paris pour les Jeux olympiques en 2024 et l’Expo universelle en 2025 représentent un intérêt financier irrésistible. L’absence du Vatican et de l’Union Européenne parmi les donateurs semble indiquer qu’ils ne font pas partie des bénéficiaires financiers des donations. Voici une liste partielle de certains bénéfices escomptés par les donateurs.

  • Le projet immobilier de l’Île de la Cité qui n’aurait jamais vu le jour se trouve débloqué par l’incendie. Au nom de l’urgence, Macron s’est empressé de faire légiférer la dérogation de toutes contraintes.
  • Le projet va bénéficier du soutien politique de l’État et de la Ville de Paris avec des coupe-files légaux, l’obtention des permis ainsi que le soutien financier des investisseurs/donateurs.
  • Par synergie avec la reconstruction de la cathédrale et la création de nouveaux emplois, l’opinion publique soutiendra le projet de l’Île de la Cité et son succès commercial.
  • La privatisation du patrimoine public sera facilitée.
  • Les profits colossaux sur les investissements immobiliers dans les opérations de promotion, construction, vente et location.
  • La chasse gardée et les profits commerciaux énormes des boutiques exclusives de grand luxe au coeur du coeur de Paris.
  • Les images de prestige renforcées pour des produits associés aux généreux donateurs.
  • Le projet adjacent de rénovation de l’ordre de 500 millions d’euros des grands magasins de la Samaritaine (Arnault-LVMH), qui inclut entre autre un nouvel hôtel de luxe, profitera de façon extraordinaire du trafic associé au projet de l’Île de la Cité.
  • Le péage d’accès l’Île de la Cité. Avec 15 millions de visiteurs par an, Notre-Dame était déjà le premier site touristique de France. Les marchands du Temple sont de retour.

M. Benjamin Mouton, architecte en chef de Notre-Dame de Paris de 2000 à 2013, est incrédule sur la version officielle de la cause accidentelle de l’incendie. Personnellement, je souscris à son incrédulité. Dans cette éventualité il manque encore quelques grandes pièces dans le puzzle. (1) Qui sont les commanditaires? (2) Qui ont été les exécutants? et (3) Qui seront les accusés présumés? Je vous ai préparé la liste des faits principaux connus à ce jour. Tel l’attentat du 11 septembre à New York, on peut se demander si nous connaitrons un jour la vérité. En attendant de plus amples révélations factuelles, libres à chacun et chacune d’arriver à ses propres conclusions. Je formule l’espoir que les forces d’amour et de lumière émanant du lieu sacré de Notre-Dame finiront par l’emporter sur les forces des ténèbres.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Sources

  1. Mission Île de la Cité – Rapport, 16 décembre 2016 – pdf
  2. Mission Île de la Cité – Entretien, 22 novembre 2017 – vidéo
  3. 20 Minutes – Le Parvis de Notre-Dame et Mme Hidalgo – 24 avril 2019 – article
  4. Europe Nº 1 – Bernard Arnault et les “Paradise Papers” – 8 novembre 2017 – article
  5. Le Salon Beige – L’incendie de Notre-Dame va-t-il profiter aux projets de la Cité? – 25 avril 2019 – Post
  6. Voltairenet – L’enjeu caché de la restauration de Notre-Dame – 27 avril 2019 – Article
  7. Serge Bernard – Observations sur l’incendie de Notre-Dame – 19 avril 2019 – Post
  8. Serge Bernard – Observations sur le projet de l’Île de la Cité – 26 avril 2019 – Post
  9. Le Monde- Liste des principaux donateurs privés pour la reconstruction – 16 avril 2019 – Article
  10. Le Moniteur – Vinci, Bouygues, Saint-Gobain, Altrad, et autres se mobilisent pour la reconstruction – 16 avril 2019 – Article
  11. La Voix du Nord – Anne Hidalgo annonce une donation de 50 millions – 16 avril 2019 – Article
  12. Libération – La défiscalisation des dons pour Notre-Dame – 16 avril 2019 – Article
  13. EuroNews – Le Pape François fait un don de 500 millions de dollars à l’église catholique du Mexique – 28 avril 2019 – Article
  14. Vosges Matin – La société Aubriat d’Épinal a traité la charpente de Notre-Dame – 29 janvier 2019 – Article
  15. Incendie ND de Paris – Réflexions sur les causes de l’incendie – 25 avril 2019 – Blog
  16. Courier International – Vague de profanation d’églises en France – 20 mars 2019 – Article
  17. L’Obs – 16 statues de la flèche échappent miraculeusement à l’incendie -15 avril 2019 – Article
  18. Mediapart – Bernard Arnault & Vincent Bolloré à la tête d’un vaste réseau d’escroquerie -24 mai 2018 – Article
  19. Algarath-Phoenix – Notre-Dame, on va forcément savoir – 30 avril 2019 – Article
  20. Le Parisien – L’échafaudage de Notre-Dame – 19 juin 2018 – Article
  21. 20 Minutes – Attentat raté de Notre-Dame en 2016 – 12 avril 2019 – Article
  22. Bati Actu – Opinion d’incrédulité de l’architecte en chef de Notre Dame de 2000 à 2013 – 16 avril 2019 – Article
  23. Riposte Laïque – Macron interdit aux architectes de Notre-Dame de parler – 24 avril 2019 – Article
  24. Vinci – Rénovation de la Samaritaine – Site internet
  25. Huffington Post – Grand débat sur la reconstruction de Notre-Dame – 3 mai 2019 – Article

L’Île de la Cité

Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement. –Le Corbusier














Notre Dame 2024

Et la Rénovation de l’île de la Cité

Le 7 décembre 2015, le Président de la République François Hollande a confié à Mr Perrault, architecte et urbaniste, et Mr Bélaval, Président du Centre des Monuments Nationaux, une mission d’étude et d’orientation sur ce que pourrait être la place de l’Île de la Cité à l’horizon des 25 prochaines années. Le rapport de la mission fut remis à Mr Hollande et Mme Hidalgo, maire de Paris, le 16 décembre 2016 comme prévu. Le rapport de 56 pages, auquel s’ajoutent 9 planches graphiques, se conclut par une liste de 35 recommandations. Une exposition publique du projet dans l’édifice de la Conciergerie eut lieu du 15 février au 2 mai 2017. Une semaine après, le 7 mai 2017, Mr Macron entre à l’Élysée et hérite du project de l’Île de la Cité. Presque deux ans plus tard, les choses sont compliquées. Le président doit faire face aux émeutes hebdomadaires des Gilets Jaunes commencées le 17 novembre 2018, à l’opposition d’une majorité de la population ainsi qu’aux implications du récent incendie de Notre Dame de Paris.

Le rapport des deux architectes insiste sur la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques de 2024 et celle de la France pour devenir hôte de l’Exposition Universelle de 2025. Il recommande d’envisager de profiter des dynamiques de l’entretemps pour enclencher les travaux relatifs au nouveau schéma de mobilité de l’île ainsi qu’au renforcement des attraits paysagers et touristiques. L’accroissement prévisible du nombre de touristes présents à Paris dans le cadre de ces deux manifestations engage l’Île de la Cité à renforcer d’ici à ces échéances l’offre de logements et de services de l’île. Le rapport indique aussi (1) que l’on doit entre autre parvenir à réintroduire des activités ayant quitté l’Île de la Cité, grâce à de nouveaux espaces dégagés, (2) que l’on va offrir des logements de toutes natures, activités tertiaires, notamment en cherchant à y faire s’implanter des start-ups et bien sûr des commerces et services, et (3) que l’esquisse du projet démontre la possibilité de créer environ 100000 m² nouveaux sur l’île – soit une valeur foncière nouvelle dépassant le milliard d’euros – sans transformation radicale de son paysage.

En tant que promoteur immobilier je peux dire que chaque grand projet se trouve confronté à des défis quotidiens sans fin, depuis le concept jusqu’à l’occupation et la gérance des nouveaux bâtiments. De façon générale trois obstacles majeurs sont à surmonter. Ils consistent dans l’obtention (1) du soutien politique pour les permis de bâtir, (2) du soutien économique pour le financement du projet et (3) du soutien social pour le marketing des immeubles. Ceci est encore plus vrai pour un projet d’envergure comme celui de la rénovation urbaine de l’Île de la Cité. La reconstruction due à l’incendie de Notre Dame sur l’île de la Cité pourrait bien servir de catalyseur à la rénovation urbaine du projet global de l’Île. Les circonstances vont permettre d’obtenir à la fois le soutien des politiciens, celui des fonds du mécénat et celui de la population par solidarité. L’idéal pour faciliter la promotion du projet. Les utilisateurs d’espace se positionnent déjà pour ce qui sera la chasse gardée de l’un des plus prestigieux centres du commerce de luxe mondial. Arnault (Louis Vuitton), Pinault (Gucci) et les autres sont-ils des mécènes ou des affairistes? À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Santa Luzia – Achat

Le bonheur est comme les palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir… –Alexandre Dumas

Santa Luzia

La seule île privée du Cap Vert

D’une part, rares sont les promoteurs immobiliers qui peuvent être fiers d’avoir ajouté le nom d’une ville nouvelle sur une carte Google. Tel fut le cas de “Miratejo” et ses 4000 logements sur la rive sud du Tage à Lisbonne. Soit dit en passant que c’est dans le cadre de ce projet que j’ai introduit les hypothèques privées au Portugal. Pour la première fois un acheteur allait pouvoir acquérir son logement et le payer en 20 ans. D’autre part, rares aussi sont ceux dont une propriété se soit trouvée dans un atlas avant de figurer dans le cadastre. Telle fut le cas de l’île de “Santa Luzia” dans l’archipel du Cap Vert. Il y a une cinquantaine d’années, même le gouverneur du Cap Vert ne savait pas que cette île était une propriété privée. Tout a commencé le jour où un ingénieur qui travaillait pour “Miratejo” vint m’annoncer que lui et sept membres de sa famille étaient les cohéritiers de l’île de Santa Luzia et cherchaient à la vendre pour sortir d’indivision.

L’histoire remonte en 1918 lorsqu’une épidémie de grippe venue d’Espagne allait tuer 60,000 Portugais. Pour la protection de sa famille, l’arrière-grand-père de l’ingénieur acquit l’île, y construisit une petite maison pour y accueillir les siens. La leçon de l’arrière-grand-père est qu’en temps d’épidémie ou de guerre, il faut aller vivre là où on sauve sa peau et celles de ses proches. Après l’épidémie l’île fut abandonnée. Le prix de vente proposé par l’ingénieur était acceptable et avec deux investisseurs, nous décidâmes d’aller de l’avant dans l’acquisition de l’île. Des documents anciens attestaient que l’île était privée. Le contrat d’achat fut rédigé par notre avocat, le prix fut payé au vendeur et la vente fut consommée. C’est alors qu’un bémol survint lors du paiement de la taxe de transmission. Le Département des Finances du Cap Vert n’était pas au courant que l’île de Santa Luzia était une propriété privée et refusait d’accepter le payement de la taxe de transmission. C’est alors que notre avocat et moi allions rencontrer le gouverneur de l’archipel pour lui soumettre les documents historiques. Nous le rencontrerons dans son palais sur l’île de Boa Vista.

Le gouverneur devait nous donner une réponse le lendemain matin. Nous louons un avion privé pour aller à l’île de São Vicente chercher l’argent de la taxe, puis aller à l’île de São Nicolau payer la taxe et finalement revenir à l’aéroport de l’île de Sal pour retourner à Lisbonne. L’avion privé n’était pas équipé pour voler de nuit et nous devions arriver à l’île de Sal au plus tard à 18h30. La réponse favorable du gouverneur n’arrive qu’à 13h30 et ce sera une course contre la montre. On part immédiatement vers la banque de São Vicente qui n’a pas d’argent et qui nous donne une traite bancaire à encaisser chez un commerçant de l’île de São Nicolau. Nous arrivons à l’aérodrome en terre battue de São Nicolau où il n’y a personne. Un type sur un vélomoteur permet à l’avocat d’arriver juste à temps avec l’argent avant la fermeture du bureau des Finances. La taxe est payée et nous arrivons tout juste à 18h30 pour prendre l’avion de Lisbonne. Nous voilà propriétaires de l’île de Santa Luzia. Des complications sérieuses allaient seulement commencer. À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

La Mi-Vie

Certains papillons ne vivent qu’une journée et en général il s’agit pour eux du plus beau jour de leur vie… –Philippe Geluck

La Transition de Mi-Vie

Garder l’essentiel et remplacer le reste

Dans les livres de psycho il est dit que la transition de mi-vie s’étale de 40 à 45 ans et que le pic de la crise culmine à l’âge de 41 ans. Sans rien en savoir à l’époque, des changements majeurs se sont produits dans ma vie exactement à ces âges-là. Après la révolution des oeillets au Portugal du 25 avril 1974, je retourne vivre en Belgique où je me consacre à l’étude de nouvelles techniques de construction ainsi qu’à la promotion de plusieurs projets immobiliers. C’est exactement à l’âge de 41 ans que je quitte la Belgique pour aller vivre aux États-Unis avec la responsabilité de trois jeunes enfants à élever. Avec un anglais scolaire, sans contact aux States et où personne ne m’attend, j’entreprends bien évidemment un grand plongeon dans l’inconnu. Je trouve la confiance intérieure face à un tel risque en me référant au précédent saut de la Belgique vers le Portugal. Aux États-Unis, il se passera 15 mois avant d’y réaliser une première affaire immobilière en Floride.

En 1976 à Paris sur les Champs-Élysées je suis intrigué par “Astro-Flash” une boutique pionnière qui produit des horoscopes par ordinateur. Je suis sceptique mais ma curiosité prend le dessus et je commande mon portrait ainsi que ceux de mes proches. La grosse machine IBM s’active et débite plein de pages. Je suis surpris par la précision des textes produits et compte faire une étude pour identifier les données qui entrent dans l’ordinateur. Cela va déclencher mon intérêt pour l’astrologie et l’informatique dont la passion va continuer jusqu’à ce jour. En Belgique, en France et aux États-Unis je vais rencontrer les plus grands experts en astrologie et apprendre une discipline aussi vaste que la connaissance de soi et celle de l’univers. Une rencontre majeure fut celle de Jacques Berthon et Monique Kalinine, fondateurs de l’École Supérieure d’Astrologie de Paris avec lesquels j’ai suivi le programme d’astro-psychanalyse d’une durée de trois ans. Au fil des années qui suivirent, j’ai étoffé mes connaissance en astrologie avec d’autres disciplines telles que la psychologie des profondeurs, le tarot, le feng shui, le yi king, la cabale et l’astro-psychologie.

En Floride ce sera Orlando. Après quelques projets de lotissements, j’acquière un terrain pour la construction d’un complexe de 300 appartements adjacent au plus grand shopping commercial de la région. Le terrain se trouve dans le district du centre d’affaires où la ville entend redéfinir le plan directeur. Toutes les propriétés du district seront seront gelées pendant deux ans. Au total, mon projet prendra douze ans. Durant la pause de deux ans, ce sera la Californie avec une affaire d’horoscopes engendrés par ordinateur et promue par des pages entières de publicité dans des magazines comme Cosmopolitan. La publicité sera supportée par une campagne médiatique de relations publiques. Pour la petite histoire, Paris-Match me fera un article de deux pages avec photos dont le titre “Le Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” faisait un clin d’oeil au premier épisode de “Star Wars.” Avec plusieurs milliers d’horoscopes vendus, l’affaire couvrira tout juste ses frais. Le moratoire de deux ans ayant pris fin en Floride, ce fut le moment d’y retourner. Après douze années de difficultés quotidiennes, les 300 appartements furent construits et vendus. C’est alors qu’épuisé je clôture définitivement le chapitre de l’immobilier et les années qui suivront seront tournées vers des activités humaines sans but lucratif. L’immobilier m’a donné une leçon de patience et de ne jamais renoncer avant la ligne d’arrivée quelles que soient les difficultés rencontrées sur le parcours.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

De l’Audace

De l’audace, encore de l’audace, toujours d l’audace. –Georges Danton

Un ingénieur débrouillard

décroche un super boulot en période de crise

Les crises économiques ne sont rien de neuf sous le soleil. Déjà dans les années 1960 en Belgique, le marché de l’emploi était bouché pour un ingénieur civil fraîchement diplômé. Après plusieurs semaines et plusieurs dizaines de CV en Belgique et dans certains pays du tiers monde, toujours pas d’emploi. Finalement, je reçois une convocation pour une interview avec le VP de la plus importante société de promotion immobilière belge. J’arrive dans une splendide maison de maître en face du Parc Royal et monte par un escalier à la royale au 1er étage où je passe 45 minutes avec le VP. Il conclut notre entretien en disant “Nous n’avons pas de poste ouvert pour le moment, laissez-nous votre CV et nous vous contacterons si les choses changent.” En clair, cela voulait dire que je n’entendrai plus jamais parler de lui.

Je sors du bureau du VP et redescend les escaliers à la royale pour me diriger vers la porte de rue. Arrivé au rez-de-chaussée, je ne sais pas pourquoi je choisis de faire un tour dans le corridor au lieu de sortir de l’immeuble. Lorsque tout à coup je vois un bureau vide et inoccupé dans lequel je décide de m’installer. Quelques instants plus tard, le directeur des travaux vient me saluer et nous avons une très agréable conversation. Je lui demande s’il pouvait me communiquer les données de chaque chantier pour une compilation statistique. Il hésite un peu et me communique les documents. Á une époque où il n’y avait pas encore de tableurs électroniques, une telle compilation manuelle représentait un travail considérable.

Je me suis mis à ce travail qui allait prendre pas mal de temps et revins donc le lendemain pour continuer. Le tableur manuel allait compiler pour chaque corps de métier les prix totaux et unitaires de tous les chantiers. Cette tâche énorme requerrait de l’aide et j’engageais deux étudiants pour m’aider. Ce travail dura deux semaines et finalement je possédais tous les signaux d’alarme critiques pour la rentabilité de l’entreprise. Ici on payait trop cher pour le bois, là pour le béton ou encore ailleurs pour le chauffage, etc… C’est alors que je demandais un entretien avec le Président, qui fut tellement impressionné qu’il m’engagea sur le champ pour m’occuper d’un chantier de 5 immeubles de 120 appartements chacun. La leçon de cette expérience fut qu’en prenant des risques les chances de réussite augmentent.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Donald Trump

Parfois, en perdant une bataille, vous trouvez un nouveau moyen de gagner la guerre. –Donald Trump

Donald Trump

Le courage de renverser les tables

Alors que le mur entre le Mexique et les USA ressemble à une diversion, je pense que Trump finira par avoir gain de cause. Lorsque Trump annonça sa candidature pour la présidence en juin 2016, certains médias annoncèrent qu’il n’avait aucune chance et que sa campagne plierait bagage en quelques mois. C’était sans compter sur la capacité d’endurance requise pour la promotion de projets immobiliers d’envergure tels que ceux qu’il avait développés. J’en sais quelque chose, car telles furent aussi mes activités de promoteur immobilier en Belgique, au Portugal et en Floride durant la première moitié de ma vie professionnelle. Mon plus important développement fut la construction d’une ville de 4000 logements dans la banlieue de Lisbonne et mon dernier projet fut la construction d’un complexe de 400 appartements à Orlando en Floride. Je peux vous dire que chaque projet fut un marathon depuis l’acquisition du terrain jusqu’à l’occupation et la gestion des biens construits, en passant par les difficultés majeures de l’obtention des permis et du financement.

Son passé de promoteur immobilier explique la ténacité, la persévérance et l’endurance exceptionnelle de Donald Trump. Attaqué pendant chaque minute de sa campagne électorale et de sa présidence, il est toujours là deux ans et demi plus tard. Il n’a cessé de faire preuve de courage en prenant les risques de renverser la table du politiquement correct sur tous les fronts, aussi bien nationaux qu’internationaux. La moitié des Américains le soutiennent et l’autre moitié le détestent. Pour expliquer ce clivage, il faut comprendre la lutte à mort entre les deux clans mondialistes qui tirent les ficelles. D’une part l’État Profond de Washington au pouvoir monopolaire depuis plus d’un siècle et en perte de vitesse et d’autre part la Cité de Londres à la vision multipolaire centrée sur la montée de la Chine. Louvoyant habilement entre les deux clans, Donald Trump a survécu aux menaces quotidiennes d’assassinat.

À l’opposé des politiciens traditionnels, Donald Trump a une inlassable ténacité basée sur la réalisation des promesses pour lesquelles il a été élu. Le seul programme de son opposition est d’être anti-Trump. Depuis juin 2016, le monde n’est plus le même et ne le sera plus jamais. Les abus de l’État Profond totalitaire sont maintenant visibles au grand jour et ne pourront plus perdurer éternellement. Les programmes politiques ne se passent pas au niveau des marionnettes mais bien à celui des marionnettistes. Un monde meilleur ne pourra résulter que d’une entente entre les deux clivages de la population et une implosion des clans oligarchiques. À l’opposé de ses adversaires, Donald Trump préfère la paix à la guerre. L’idéogramme chinois du mot “crise” se compose de “danger” et “opportunité”. Dans le monde et dans nos vies, c’est sur la capacité de déstabilisation vers un équilibre entre opposés qu’il faut parier si l’on veut espérer un monde plus libre, plus juste et plus humain.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge