Vive les Vacances

Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau : évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids. —Philippe Geluck

Voici une petite blague de saison. Il y a un type qui parle de ses projets de vacances… Il y a deux ans je suis parti à la montagne… Quand je suis revenu ma femme était enceinte… L’année dernière je suis parti à la mer… Quand je suis revenu ma femme était de nouveau enceinte… Cette année je ne sais pas encore où j’irai mais je l’emmène avec moi… 😀

À la montagne, à la mer ou chez vous profitez bien de vos vacances… Mettez vos soucis au portemanteau… Détendez-vous… Mangez ce que vous aimez… Faites-vous bichonner… Oubliez la politique… Relaxez-vous… Pratiquez votre hobby favori… Bronzez au soleil… Jardinez avec la lune… Regardez les étoiles… Allez vous balader dans la nature… Profitez bien de la douceur de vivre pour vous, vos proches et les autres…

Pour moi chaque jour de l’année est un jour de vacance. Je continuerai d’écrire et de prolonger ce blog vers un nouveau site internet très pratique. Alors je vous souhaite à toutes et à tous des vacances créatives… Nous nous retrouverons à la rentrée plein d’idées nouvelles… Dans l’entre-temps, vous pouvez consulter ici les articles dont vous aviez remis la lecture à plus tard. Voici un petit bonus pour les vacances… L’exemplaire en version FlipBook de mon livre sur les symboles dans l’art. C’est en anglais mais les riches illustrations sont universelles. Cliquez sur le lien ci-dessous.

Symbols in Art – The Hidden Keys to Love, Balance and Renewal

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Hauts et Bas

Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.—Gustave Le Bon (1841-1931)















Le Général Alcazar

Avant et après

Lisbonne, 1966. Mon service militaire en Belgique terminé, je pars à l’aventure au Portugal avec pour objectif d’y faire de la prospection dans le secteur immobilier. Le tourisme dans le sud de l’Espagne était en plein essor et le sud du Portugal devait naturellement suivre. Toutefois le tourisme en Algarve n’était pas encore prêt. Les infrastructures de base telles que les transports, l’alimentation, l’hôtellerie, les hôpitaux émergeaient à peine. Les prix des propriétés étaient déjà élevés, trop tard pour la spéculation et trop tôt pour la promotion. C’est alors que je me suis tourné vers la promotion urbaine dans la périphérie de Lisbonne et qui allait aboutir avec la construction de Miratejo, une ville nouvelle de 4000 logements. J’avais installé mon bureau au 3e étage d’un immeuble résidentiel prestigieux. Dans l’ascenseur je fis connaissance de mon voisin du 4e étage. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer un ancien président en exil… Oui, un général… Non, pas du Général Alcazar mais presque… Le Général Héctor Trujillo, qui fut le président de la République Dominicaine de 1952 à 1962.

Héctor Trujillo succéda à Rafael Trujillo, son frère aîné de 17 ans, dont il devint l’homme de paille. Le dictateur Rafael préféra limiter son règne officiel à deux mandats comme aux États-Unis. Tout au long, Rafael restera l’homme fort du régime. En 1961, il sera assassiné dans une embuscade alors qu’il était en voyage dans sa voiture. Ce fut la fin de l’ère des Trujillo et Héctor prit la fuite avec une fortune considérable. Il se retrouvera en exil à Lisbonne d’abord et à Miami ensuite où il vivra jusqu’à l’âge de 96 ans. L’homme que je rencontrais souvent dans l’ascenseur menait une vie au profil bas en compagnie d’une dame blonde. Sur la liste des résidents de l’immeuble, il apparaissait sous le nom “Alma-Trujillo”. Pour la petite histoire, lors de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles, j’avais été invité à une réception officielle donnée au pavillon de la République Dominicaine. Synchronicité prémonitoire ? Le Lisbonne des années 1960 était connu comme une terre d’accueil pour les chefs d’États en exil. S’y trouvait également l’ancien président de Cuba Fulgencio Batista chassé du pouvoir par Fidel Castro, le Comte de Barcelone père de Juan Carlos le futur roi d’Espagne ainsi que le roi Umberto d’Italie.

Tels les empires, les dictateurs suivent le même processus depuis la conquête et la culmination jusqu’au déclin. Beaucoup finissent en exil, en prison ou assassiné. Qui sont les dictateurs d’aujourd’hui ? La plupart des chefs d’États ne sont que des marionnettes aux mains des dictateurs de la finance basés à Londres, Washington et au Vatican. On n’entend jamais parler des marionnettistes, mais la vulnérabilité de leur pouvoir indique qu’ils ne sauront jamais s’arrêter avant l’incontournable effondrement. Assimilant la République Dominicaine à sa fortune personnelle, Rafael Trujillo était considéré comme un des hommes le plus riche du monde. Le 15 avril 1961, Murphy le quatrième émissaire du gouvernement américain arrive à Santo Domingo pour tenter de convaincre Rafael Trujillo de se retirer dans les meilleures conditions, mais celui-ci resta ferme sur ses positions : « Moi, on ne me fera sortir que sur un brancard ». Tous les pouvoirs totalitaires de l’histoire ont toujours mal fini. Il y a de l’espoir…

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

L’Immortalité

Sentant sa fin approcher l’acteur W. C. Fields, un agnostique notoire, était en train de feuilleter la Bible quand il reçut la visite de son vieil ami écrivain Gene Fowler qui lui demanda incrédule
— Que fais-tu Bill ?
Après une longue pause, Fields lui murmura
— Je cherche des échappatoires…

La Vie Éternelle

Pensez-y maintenant

Un samedi en 1973, dans la banlieue de Lisbonne. Je suis captivé par la lecture d’un livre de science-fiction de René Barjavel récemment publié et intitulé “Le Grand Secret”. L’histoire commence par un couple follement amoureux qui nage dans le bonheur jusqu’au jour il va disparaître mystérieusement et elle va essayer de le retrouver. Il est question d’espions, de diplomates, du Général de Gaulle, de Richard Nixon et de la Reine d’Angleterre. Un grand secret international semble être au cœur de l’intrigue… un savant a découvert un virus contagieux qui rend immortel. Ceux qui ont été contaminés sont isolés en quarantaine sur une île déserte. Leurs enfants vont se révolter et l’île sera détruite. L’histoire se termine avec quelques rescapés sur un frêle esquif. Libre à chaque lecteur de spéculer sur ce qui pourrait arriver ensuite. J’adore les livres où la réalité et la fiction s’entremêlent et je pense que cette histoire ferait un excellent film. Je découpe les scènes du livre en préparation du scénario et contacte un ami producteur à Paris pour rencontrer Barjavel. La rencontre a lieu avec Barjavel et André Cayatte, son cinéaste attitré. J’achète les droits d’auteur du film avec un acompte de 10%. Jacqueline Bisset est pressentie pour le rôle principal. Seulement voilà, le producteur n’arrive pas à financer le film. Mon rêve et mon acompte vont s’envoler en fumée. Ce n’est qu’en 1988 que le livre sera adapté en une série télé réalisée par Cayatte avec un autre producteur. Plus tard, n’ayant pas appris la leçon, un nouveau rêve dans le monde du cinéma se révélera beaucoup plus coûteux.

Le Livre des Morts des Anciens Égyptiens est des rouleaux de papyrus recouverts de formules funéraires placés à proximité de la momie. Le Livre des Morts a pour véritable titre Le livre pour sortir au jour. Le jour en question est celui des vivants, mais aussi celui du principe lumineux s’opposant à l’anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le défunt égyptien cherchait à voyager dans la barque du Dieu Soleil durant sa version nocturne où il est en cours de régénération. Contrairement aux Textes des Pyramides, réservés aux seuls souverains de l’Ancien Empire, le Livre des Morts est au Nouvel Empire destiné à une population plus large. Un nombre important de papyrus ont été découverts dans des tombes de prêtres, de scribes et de militaires. L’image dans l’en-tête de ce post représente le papyrus de la formule 110 une des 192 contenues dans le Livre des Morts et qui se déroule dans un endroit paradisiaque. Le défunt est en train de révérer des divinités et de participer à des travaux agricoles dans la campagne égyptienne. Des bandes de champs fertiles sont entourées par des canaux d’irrigation. Les déplacements de ville en ville se font au moyen de barques. D’autres embarcations sont amarrées à un débarcadère pour accueillir les divinités gardiennes du lieu. Le texte de cette formule indique que le défunt désire pour son âme, du pain, de la bière, du vin et des gâteaux. Il désire y faire ses activités habituelles (boire, manger, dormir, faire l’amour) et y connaître une existence éternelle sans inquiétudes ni reproches. Séduisant programme, non ?

Il y a un certain temps, j’avais décidé de ne pas prendre de l’âge. Ça n’a pas marché. Alors j’ai changé de plan. Maintenant à chaque anniversaire, je décide de vivre un an de plus et ça jusqu’à présent ça marche. Alors dans le cas où ça cesserait de marcher, je cherche un plan B pour devenir immortel. Le cercueil est une solution qui n’est pas très bio et qui semble être passée de mode. Des cercueils en carton commencent à se développer. La crémation gagne de plus en plus d’adeptes. On commence à parler du sommeil cryogénique, de la résomation par l’azote liquide ou de l’aquamation par une solution alcaline. Aucune de ces formes d’inhumation ne garantit l’éternité. À toutes ces options industrielles, je préfère la nature. Personnellement cela me conviendrait bien d’être mis en terre en position de fœtus dans un sac biodégradable dans une forêt. C’est techniquement faisable, mais Il y a des problèmes légaux et une opposition farouche de l’industrie funéraire classique. La solution la plus viable aujourd’hui consiste en une urne funéraire biodégradable qui contient les cendres du défunt entouré de terreau où l’on plante la graine d’un arbre. La jeune pousse sera ensuite transplantée dans un jardin ou ailleurs. Mon choix est fait. Je souhaite devenir un chêne ou un séquoia.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Leverrier et le Ciel

Vous ne possédez rien, en dehors de quelques centimètres cubes de votre crâne. —George Orwell

Un Certain M. Urbain Leverrier

Une histoire extraordinaire

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de M. Urbain Leverrier, un mathématicien astronome français du XIXe siècle. Pourtant, ses travaux sont de la même importance que ceux qui ont permis d’envoyer un homme sur la Lune ou une voiture sur Mars. Voici son histoire extraordinaire. Tout a commencé le 13 mars 1781 lorsque l’astronome anglais William Herschel mit au point un puissant télescope qui lui permit de découvrir un nouveau corps céleste qui bougeait dans le ciel. Cette découverte fut confirmée comme étant une planète inconnue du Système solaire. On aurait pu l’appeler Hershel, mais elle devint connue sous le nom d’Uranus. Jusque-là, parce que seules visibles à l’œil nu, les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne avaient été identifiées. Avec le Soleil et la Lune, ces 5 planètes formaient le septénaire des seuls astres connus depuis le début de l’humanité. Le mot astre est pris ici dans son sens étymologique voulant dire qui bouge dans le ciel.

Sur le plan historique, on notera que située 5 ans après la Révolution américaine de 1776 et 8 ans avant la Révolution française de 1789, l’année 1781 est en pleine période révolutionnaire. Sur le plan astronomique la découverte d’une planète inconnue était une révolution capitale, comme l’était d’ailleurs le télescope qui l’avait permis. Sur le plan symbolique, ce n’est donc pas par hasard que le symbole attaché à la planète Uranus fut celui de la révolution et du changement. Sur le plan mythologique, ce n’est pas par hasard non plus que le mythe grec qui lui fut associé fut celui de Prométhée qui vola le feu divin de la connaissance pour le donner aux humains. Sur le plan astrologique, ce n’est finalement pas par hasard qu’Uranus devint le maître du signe zodiacal du Verseau, lui-même relié au mythe de Prométhée. La future Ère du Verseau venait de naître.

Faisons maintenant un bond en avant. C’est le 11 mars 1811, soit 30 ans après la découverte d’Uranus, que vint au monde Urbain Leverrier dans une famille bourgeoise modeste en France. Dès l’âge de 16 ans, il montre un intérêt très sérieux pour les mathématiques. Son père qui croit en son avenir dans les sciences vend sa maison pour qu’il puisse poursuivre des études. À l’âge de 20 ans, il est admis à l’École Polytechnique dont il sortira comme ingénieur. Il se spécialisera ensuite dans l’étude des mathématiques appliquées à la mécanique céleste. En 1839 à l’âge de 28 ans, Urbain Leverrier présente à l’Académie des Sciences un mémoire sur les variations séculaires des orbites des planètes, dont celles d’Uranus découverte à peine 58 ans plus tôt. C’est 7 ans plus tard en 1846, qu’il fera une découverte extraordinaire basée sur les variations orbitales d’Uranus. Par le seul support de ses calculs, Urbain Leverrier demandera à l’astronome allemand Johann Galle de l’observatoire de Berlin de diriger son télescope le 23 septembre 1846 dans une direction et à une heure donnée, en lui indiquant qu’il allait découvrir une nouvelle planète. Tel fut bien le cas. On aurait pu appeler cette planète du nom de Leverrier, mais elle devint connue sous le nom de Neptune. Urbain Leverrier restera connu comme l’homme qui découvrit la planète Neptune avec son stylo, sans aucun autre instrument que ses calculs.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

L’Astrologie

L’astrologie est la mère de l’astronomie, la fille de la mythologie et la grande soeur de la psychologie. —Nikolas Herceku, mythologue albanais

Le Cosmos et Vous

En haut comme en bas

Paris 1975. Je me ballade sur les Champs. À l’entrée même de la Galerie des Champs Élysées mon regard se tourne vers une grosse machine IBM au-dessus de laquelle on pouvait lire le mot ASTROFLASH. Il s’agissait d’une boutique de portraits astrologiques engendrés par ordinateur. Le prix étant raisonnable et ma curiosité prenant le dessus sur mon scepticisme, je commandais un portrait. Sur la base de mes données de naissance, la machine se mit à débiter un long accordéon de pages décrivant mon profil psychologique. Le portrait fut surprenant d’exactitude comme le fut ceux de mes proches. Il ne s’agissait pas d’horoscopes superficiels, mais bien de descriptions de la personnalité très individualisées. Astroflash fut créé par Roger Berthier, le fondateur d’Euromarché, qui s’entoura des meilleurs astrologues pour les calculs des positions planétaires et les descriptions psychologiques. Son génie résida surtout dans le choix de la localisation des Champs Èlysées à l’immense trafic continu de personnes sans arrêt différentes. Astroflash fut un énorme succès commercial qui dura pendant plusieurs décennies.

Cette expérience déclenchera mon intense désir de chercher à comprendre ce qui se passait dans l’ordinateur pour convertir les données de naissance d’une personne en son portrait psychologique. Les années qui suivirent m’emmenèrent sur un parcours de rencontres, d’études et de recherches avec les meilleurs astrologues de Belgique, de France et des États-Unis. En 1979, j’achète un Apple IIe pour créer des programmes du type Astroflash. L’année suivante, je crée une fondation de recherche astrologique en Floride suivie par deux années d’activités commerciales en Californie. Les portraits et prévisions astrologiques furent annoncés à grands renfort de pages publicitaires dans des magazines comme Cosmopolitan. Après plus de 3000 portraits vendus en deux ans, ce fut le moment de retourner en Floride pour reprendre les activités immobilières qui étaient restées en veilleuse causées par un rezonage majeur de la ville. Pour la petite histoire, Paris Match me dédia un article de deux pages intitulé “L’Astrologue Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” avec un petit clin d’oeil au succès de Star Wars.

Notons qu’en astrologie il y a en fait deux zodiaques. Il y a le zodiaque annuel avec lequel nous sommes familier où le soleil balaye les 12 signes en un an, soit un signe par mois. Il y a aussi un zodiaque des constellations à l’intérieur duquel le zodiaque annuel se déplace et qui balaye les 12 signes en 26000 ans, soit 2160 ans par signe. Le premier marque notre personnalité et notre destinée alors que le second marque les grands âges de notre civilisation. L’image dans l’en-tête de ce post illustre ce deuxième zodiaque. Nous pouvons y voir entre autre la transition historique actuelle entre la fin de l’ère des Poissons et l’entrée dans l’ère du Verseau. Aujourd’hui, 44 ans après ma rencontre fortuite avec l’astrologie, je n’ai cessé de faire de la recherche, d’écrire plus d’un millier articles en ligne, d’aider nombre de personnes à trouver le sens de leurs vies et de continuer à développer des services de plus en plus performants. Au fil des années j’ai enrichi mes connaissances en astrologie en y combinant d’autres disciplines telles que la psychologie, la mythologie et la tarologie. L’astrologie constitue un pont entre l’art et la science, et je suis d’avis qu’elle pourrait bien un jour servir de base à une nouvelle religion.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Santa Luzia – Vente

Quelqu’un m’a demandé, si j’étais coincé sur une île déserte, quel livre j’apporterais … “Comment construire un bateau”. —Steven Wright, humoriste américain

Santa Luzia

La seule île privée du Cap-Vert

Ce post est la suite de celui sur l’achat de l’île de Santa Luzia. Avec deux associés, nous sommes donc devenus propriétaires de Santa Luzia la seule île privée de l’archipel du Cap-Vert. Situé au large du Sénégal et à la croisée de 4 continents, le Cap-Vert possède un ensoleillement permanent. Il n’y pleut pour ainsi dire jamais. Avec 12 km de long, 2 plages de sable fin et une montagne de 400 mètres de haut, Santa Luzia offrait la possibilité d’y réaliser un complexe touristique exceptionnel. Santa Luzia est la seule île du Cap-Vert inhabitée ou plus exactement occupée par 1 seul habitant dénommé Da Cruz qui n’est pas sans rappeler son homonymie avec Robinson Crusoé. Depuis une vingtaine d’années, il habitait là dans l’ancienne maison en ruine et passait son temps à récolter les épaves venues de la mer qu’il vendait une fois par an sur l’île adjacente de São Vicente. Là il buvait le produit de sa vente et s’en retournait à Santa Luzia pour une autre année.

Une surprise inattendue allait bloquer tous projets. À l’époque le Cap-Vert était un Territoire d’Outre-Mer du Portugal et j’allais à nouveau me trouver confronté avec le président Salazar. La première démarche consista à créer un superbe dossier commercial très détaillé composé de deux livrets richement illustrés, l’un sur Santa Luzia et l’autre sur le Cap-Vert. Vint ensuite le test du marché d’une telle propriété avec des annonces de vente dans le Wall Street Journal et Fortune Magazine. Je reçus une centaine de réponses couvrant des intérêts divers tels des projets touristiques, la création d’un port franc, la possibilité d’émettre monnaies et timbres, un paradis fiscal et même la création d’une base militaire américaine due à la localisation stratégique de l’île.

Jusqu’au jour où je fus convoqué à la police des Territoires d’Outre-Mer qui me félicita pour la qualité du dossier, me signifia que je ne pourrai jamais rien faire avec l’île et de tout interdire y compris son accès. La police venait de se faire taper sur les doigts pour avoir laissé passer un pseudo projet touristique de 1200 lits sur l’île de Boa Vista. La piste de l’aérodrome longue de 1,2 km, financée par l’Allemagne de l’Est, devait servir aux rebelles de la Guinée-Bissau. Je pris comme avocat Adelino Palma Carlos, connu pour son opposition au régime. qui n’arriva pas à changer les décisions prises. L’obstacle étant devenu insurmontable, nous avons revendu l’île à un groupe portugais à un bon prix. La leçon à retenir consiste à ne jamais entrer dans un investissement sans avoir une stratégie de sortie. Depuis l’île est devenue une réserve écologique. Pour la petite histoire, après la révolution des oeillets du 25 avril 1974 le 1er Premier Ministre ne fut autre qu’Adelino Palma Carlos …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

La Psychologie

N’entretiens pas l’espoir de ce qui ne peut être espéré. —Pythagore

Osterrieth, Daco, Dolto

Mes premiers bouquins de psychologie

La Faculté des Sciences Appliquées de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), aussi nommée “École Polytechnique”, forme des ingénieurs civils. C’est la seule faculté qui, en plus du diplôme de fin d’études secondaires, requiert le passage d’un examen d’entrée. Ayant réussi l’admission, me voilà embarqué vers une carrière technique qui, avec le recul, ne correspondait pas vraiment avec mes aspirations profondes. J’irai toutefois jusqu’au bout et deviendrai ingénieur civil des constructions. Durant ces années d’études j’étais toutefois plus intéressé par la psychologie que par la résistance des matériaux. Encouragé par une amie étudiante en psychologie, j’ai suivi sur le côté ses cours en élève libre. Tout cela remonte à une soixantaine d’années.

Ces circonstances m’ont permis d’avoir le privilège de suivre les cours de Paul Osterrieth qui était l’expert de la psychologie de l’enfant, dont le livre traduit en plusieurs langues faisait de lui une sommité mondiale. Pour le développement de l’enfant, il distinguait 5 phases. (1) 0 à 15 mois: l’âge bébé, (2) 15 à 36 mois: la découverte du moi propre, (3) 3 à 6 ans: la découverte du monde réel, (4) 6 à 9 ans: la dissolution du moi primitif et (5) 9 à 12 ans: la maturité enfantine. En parallèle á son enseignement académique, Paul Osterrieth avait aussi un cabinet de consultation privée. Je n’oublierai jamais son anecdote d’une cliente qui était venue le consulter dans une tenue sale et négligée, et à laquelle il conseilla de rentrer chez elle et de revenir quand elle serait présentable. C’était le meilleur service qu’il pouvait lui rendre pour l’aider à retrouver son estime de soi.

Par la suite, j’ai eu le privilège de participer à un atelier de psychologie de l’enfant donné par Françoise Dolto à l’Université de Louvain. Son bon sens pratique était impressionnant et sa règle d’or était de ne jamais mentir aux enfants. Ils sont capables de gérer n’importe quelle vérité, mais peuvent être marqué à vie par le flou du mensonge. Mon premier livre de psychologie générale fut “Les Prodigieuses Victoires de la Psychologie Moderne” par Pierre Daco. Il s’agissait d’un ouvrage de vulgarisation pour néophytes. Un de mes amis psychanalyste attira mon attention sur certaines erreurs des hypothèses freudiennes. J’ai eu un échange de correspondance avec Pierre Daco pour le rencontrer, mais qui est resté sans suite. Par la suite je me suis tourné vers Carl Jung qui influença jusqu’à ce jour ma passion pour la psychologie. La leçon: vivez votre passion et chaque jour vous marquera d’un réel bonheur.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Santa Luzia – Achat

Le bonheur est comme les palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir… –Alexandre Dumas

Santa Luzia

La seule île privée du Cap Vert

D’une part, rares sont les promoteurs immobiliers qui peuvent être fiers d’avoir ajouté le nom d’une ville nouvelle sur une carte Google. Tel fut le cas de “Miratejo” et ses 4000 logements sur la rive sud du Tage à Lisbonne. Soit dit en passant que c’est dans le cadre de ce projet que j’ai introduit les hypothèques privées au Portugal. Pour la première fois un acheteur allait pouvoir acquérir son logement et le payer en 20 ans. D’autre part, rares aussi sont ceux dont une propriété se soit trouvée dans un atlas avant de figurer dans le cadastre. Telle fut le cas de l’île de “Santa Luzia” dans l’archipel du Cap Vert. Il y a une cinquantaine d’années, même le gouverneur du Cap Vert ne savait pas que cette île était une propriété privée. Tout a commencé le jour où un ingénieur qui travaillait pour “Miratejo” vint m’annoncer que lui et sept membres de sa famille étaient les cohéritiers de l’île de Santa Luzia et cherchaient à la vendre pour sortir d’indivision.

L’histoire remonte en 1918 lorsqu’une épidémie de grippe venue d’Espagne allait tuer 60,000 Portugais. Pour la protection de sa famille, l’arrière-grand-père de l’ingénieur acquit l’île, y construisit une petite maison pour y accueillir les siens. La leçon de l’arrière-grand-père est qu’en temps d’épidémie ou de guerre, il faut aller vivre là où on sauve sa peau et celles de ses proches. Après l’épidémie l’île fut abandonnée. Le prix de vente proposé par l’ingénieur était acceptable et avec deux investisseurs, nous décidâmes d’aller de l’avant dans l’acquisition de l’île. Des documents anciens attestaient que l’île était privée. Le contrat d’achat fut rédigé par notre avocat, le prix fut payé au vendeur et la vente fut consommée. C’est alors qu’un bémol survint lors du paiement de la taxe de transmission. Le Département des Finances du Cap Vert n’était pas au courant que l’île de Santa Luzia était une propriété privée et refusait d’accepter le payement de la taxe de transmission. C’est alors que notre avocat et moi allions rencontrer le gouverneur de l’archipel pour lui soumettre les documents historiques. Nous le rencontrerons dans son palais sur l’île de Boa Vista.

Le gouverneur devait nous donner une réponse le lendemain matin. Nous louons un avion privé pour aller à l’île de São Vicente chercher l’argent de la taxe, puis aller à l’île de São Nicolau payer la taxe et finalement revenir à l’aéroport de l’île de Sal pour retourner à Lisbonne. L’avion privé n’était pas équipé pour voler de nuit et nous devions arriver à l’île de Sal au plus tard à 18h30. La réponse favorable du gouverneur n’arrive qu’à 13h30 et ce sera une course contre la montre. On part immédiatement vers la banque de São Vicente qui n’a pas d’argent et qui nous donne une traite bancaire à encaisser chez un commerçant de l’île de São Nicolau. Nous arrivons à l’aérodrome en terre battue de São Nicolau où il n’y a personne. Un type sur un vélomoteur permet à l’avocat d’arriver juste à temps avec l’argent avant la fermeture du bureau des Finances. La taxe est payée et nous arrivons tout juste à 18h30 pour prendre l’avion de Lisbonne. Nous voilà propriétaires de l’île de Santa Luzia. Des complications sérieuses allaient seulement commencer. À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Crise Cardiaque

Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie. –Carl Jung

Comment
La Lumière
du Ciel

Sauva ma vie

Il y a une vingtaine d’années à Orlando en Floride, j’ai eu une crise cardiaque. C’était au mois d’août et tout a commencé par un après-midi d’orage. Tout à coup un sentiment d’angoisse avec vertige m’envahit. Je n’avais jamais expérimenté cela auparavant. Je me suis allongé sur le lit et le malaise finit par passer. Le lendemain dans l’après-midi le même sentiment allait se reproduire. Là je conclus qu’il s’agissait de quelque chose de sérieux et pris ma voiture en direction des urgences de l’hôpital. Un blocage artériel critique fut diagnostiqué. Une arrivée plus tardive se serait révélée fatale. Le chirurgien du coeur déboucha l’artère coupable, y posa un stent et je fus sauvé. À cette époque, dans 40% des cas les stents cicatrisaient mal et dans mon cas une deuxième intervention s’avéra nécessaire deux mois plus tard. Aujourd’hui ce type de problème n’existe plus car les nouveaux stents sont enrobés d’un produit pharmaceutique qui empêche la mauvaise cicatrisation.

Quelle était la possibilité d’une nouvelle rechute? Ceci était une question dont personne ne connaissait la réponse. L’astrologie allait me sauver la vie. Je consultais le ciel de la crise du mois d’août, y détectais une configuration de tension et vérifiais si elle allait se reproduire. Cela allait être le cas pour le début du mois de mai de l’année à venir. Dans l’entretemps, un cardiologue rencontré au hasard d’une soirée m’indiqua qu’à Washington un docteur faisait de la recherche sur le traitement des mauvaises cicatrisations par radiations. Je pris contact avec ce dernier, lui transmis mon dossier médical et obtins toutes ses données pour le rejoindre en cas d’urgence. Fin avril, je ressentis un malaise et consultais mon cardiologue local qui diagnostiqua un blocage de l’artère à 95%. Un rendez-vous immédiat fut pris avec le docteur de Washington qui me reçut toutes affaires cessantes et qui me soigna avec succès. Sans la réponse du ciel, je ne me serais sûrement jamais préparé pour cette intervention. Qui sait? Je ne serais peut-être pas en train d’écrire ces quelques lignes aujourd’hui. Merci Madame la Chance.

Après quelques années de répit, une nouvelle complication cardiaque apparut qui demanda un triple pontage. Merci à l’excellent chirurgien qui m’a redonné un nouveau bail sur la vie. Deux décennies se sont écoulées depuis le premier épisode et je me porte très bien. Pendant les cinq années qui ont suivi la première intervention j’ai fait du yoga deux fois par semaine, mangé végétarien, pratiqué de la marche ainsi que me tourner dans des activités artistiques. Je me suis aussi créé un petit déjeuner (voir le post “Longévité” pour la recette) que j’ai pris tous les matins pendant une douzaine d’années. Je suis en très bonne forme et vous le pouvez aussi. Ce qui compte c’est de vivre le meilleur de chaque jour qui passe. Pour la petite histoire, cela fait une dizaine d’années que j’ai arrêté tous les médicaments et ne m’en porte que mieux. Que cette histoire puisse inspirer ceux et celles qui passent par certains moments difficiles de leur vie. Il y a toujours une lumière au bout du tunnel.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Le Yi King

La vie est un jeu. Le Yi King est une sorte de règles du jeu qui se joue à partir de la vertu, de la connaissance et de l’expérience. Ceux qui jouent bien gagnent la sagesse, les autres deviennent superstitieux. Dans le monde, il y a énormément de gens qui jouent avec les autres à travers la superstition. Seuls ceux qui atteignent la sagesse savent comment prendre soin d’eux-mêmes. –Yi Wu, philosophe, écrivain et mon professeur.

Yi King

Philosophie ou divination ou les deux?

Il y a une vingtaine d’années à San Francisco, j’ai eu le privilège d’apprendre le Yi King avec le Dr. Yi Wu, professeur de philosophie chinoise auprès du “California Institute of Integral Studies”. Ces études allaient parachever ma formation académique en psychologie avec emphase en psychologie des profondeurs selon Carl Jung. C’est alors que je fus invité à l’Université Normale de Guangzhou (Canton) comme un des conférenciers à la première conférence sur la psychologie occidentale et la philosophie orientale. L’organisateur, le Dr. Shen Heyong, était un professeur de l’Université et qui fut l’un des pionniers à introduire la psychologie dans le monde académique Chinois. Jusqu’alors pour les Chinois, la psychologie était considérée comme une superstition.

Les Chinois n’avaient pas besoin de psychologues du fait que l’Orient est une culture collective. À l’inverse de l’Occident individualiste, il y a un grand nombre de personnes vivant sous le même toit en Chine. Comme il y a toujours quelqu’un à qui parler, les Chinois font de la psychothérapie en permanence entre eux sans s’en rendre compte. Ma présentation à la conférence allait proposer un pont tangible entre les deux cultures. Tout spécifiquement en reliant chacun des 8 trigrammes de base du Yi King avec chacun des 8 types de personnalités selon Carl Jung. Ce travail original n’avait jamais été réalisé auparavant, pas même par Carl Jung, qui pourtant avait tous les éléments sous la main. Sur le plan pratique, j’ai été amené à créer un test de personnalité qui allait permettre de mesurer les corrélations entre les deux cultures.

Il y a plusieurs années, je me demandais quel livre j’aimerais emporter si je devais couler le restant de mes jours sur une île déserte? Mon choix porta sur l’inépuisable Yi King. Une cinquantaine de livres sur le sujet ainsi mes notes de cours se trouvent archivés aux États-Unis. Depuis, mon professeur le Dr. Yi Wu publia son livre de cours. C’est avec grande joie que je reçus ce livre cette semaine. À 50 ans Confucius connaissait le sens de sa vie, mais considérait qu’il ne lui restait plus assez d’années à vivre pour se dédier à l’étude du Yi King. Selon lui, seulement alors il pourrait devenir libre de grandes erreurs. Telle que pour la cabale, l’étude du Yi King n’est recommandée qu’à partir de l’âge de 40 ans. Et vous, quel livre choisiriez-vous pour emporter sur l’île déserte?

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge