L’Astrologie

L’astrologie est la mère de l’astronomie, la fille de la mythologie et la grande soeur de la psychologie. —Nikolas Herceku, mythologue albanais

Le Cosmos et Vous

En haut comme en bas

Paris 1975. Je me ballade sur les Champs. À l’entrée même de la Galerie des Champs Élysées mon regard se tourne vers une grosse machine IBM au-dessus de laquelle on pouvait lire le mot ASTROFLASH. Il s’agissait d’une boutique de portraits astrologiques engendrés par ordinateur. Le prix étant raisonnable et ma curiosité prenant le dessus sur mon scepticisme, je commandais un portrait. Sur la base de mes données de naissance, la machine se mit à débiter un long accordéon de pages décrivant mon profil psychologique. Le portrait fut surprenant d’exactitude comme le fut ceux de mes proches. Il ne s’agissait pas d’horoscopes superficiels, mais bien de descriptions de la personnalité très individualisées. Astroflash fut créé par Roger Berthier, le fondateur d’Euromarché, qui s’entoura des meilleurs astrologues pour les calculs des positions planétaires et les descriptions psychologiques. Son génie résida surtout dans le choix de la localisation des Champs Èlysées à l’immense trafic continu de personnes sans arrêt différentes. Astroflash fut un énorme succès commercial qui dura pendant plusieurs décennies.

Cette expérience déclenchera mon intense désir de chercher à comprendre ce qui se passait dans l’ordinateur pour convertir les données de naissance d’une personne en son portrait psychologique. Les années qui suivirent m’emmenèrent sur un parcours de rencontres, d’études et de recherches avec les meilleurs astrologues de Belgique, de France et des États-Unis. En 1979, j’achète un Apple IIe pour créer des programmes du type Astroflash. L’année suivante, je crée une fondation de recherche astrologique en Floride suivie par deux années d’activités commerciales en Californie. Les portraits et prévisions astrologiques furent annoncés à grands renfort de pages publicitaires dans des magazines comme Cosmopolitan. Après plus de 3000 portraits vendus en deux ans, ce fut le moment de retourner en Floride pour reprendre les activités immobilières qui étaient restées en veilleuse causées par un rezonage majeur de la ville. Pour la petite histoire, Paris Match me dédia un article de deux pages intitulé “L’Astrologue Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” avec un petit clin d’oeil au succès de Star Wars.

Notons qu’en astrologie il y a en fait deux zodiaques. Il y a le zodiaque annuel avec lequel nous sommes familier où le soleil balaye les 12 signes en un an, soit un signe par mois. Il y a aussi un zodiaque des constellations à l’intérieur duquel le zodiaque annuel se déplace et qui balaye les 12 signes en 26000 ans, soit 2160 ans par signe. Le premier marque notre personnalité et notre destinée alors que le second marque les grands âges de notre civilisation. L’image dans l’en-tête de ce post illustre ce deuxième zodiaque. Nous pouvons y voir entre autre la transition historique actuelle entre la fin de l’ère des Poissons et l’entrée dans l’ère du Verseau. Aujourd’hui, 44 ans après ma rencontre fortuite avec l’astrologie, je n’ai cessé de faire de la recherche, d’écrire plus d’un millier articles en ligne, d’aider nombre de personnes à trouver le sens de leurs vies et de continuer à développer des services de plus en plus performants. Au fil des années j’ai enrichi mes connaissances en astrologie en y combinant d’autres disciplines telles que la psychologie, la mythologie et la tarologie. L’astrologie constitue un pont entre l’art et la science, et je suis d’avis qu’elle pourrait bien un jour servir de base à une nouvelle religion.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Santa Luzia – Vente

Quelqu’un m’a demandé, si j’étais coincé sur une île déserte, quel livre j’apporterais … “Comment construire un bateau”. —Steven Wright, humoriste américain

Santa Luzia

La seule île privée du Cap-Vert

Ce post est la suite de celui sur l’achat de l’île de Santa Luzia. Avec deux associés, nous sommes donc devenus propriétaires de Santa Luzia la seule île privée de l’archipel du Cap-Vert. Situé au large du Sénégal et à la croisée de 4 continents, le Cap-Vert possède un ensoleillement permanent. Il n’y pleut pour ainsi dire jamais. Avec 12 km de long, 2 plages de sable fin et une montagne de 400 mètres de haut, Santa Luzia offrait la possibilité d’y réaliser un complexe touristique exceptionnel. Santa Luzia est la seule île du Cap-Vert inhabitée ou plus exactement occupée par 1 seul habitant dénommé Da Cruz qui n’est pas sans rappeler son homonymie avec Robinson Crusoé. Depuis une vingtaine d’années, il habitait là dans l’ancienne maison en ruine et passait son temps à récolter les épaves venues de la mer qu’il vendait une fois par an sur l’île adjacente de São Vicente. Là il buvait le produit de sa vente et s’en retournait à Santa Luzia pour une autre année.

Une surprise inattendue allait bloquer tous projets. À l’époque le Cap-Vert était un Territoire d’Outre-Mer du Portugal et j’allais à nouveau me trouver confronté avec le président Salazar. La première démarche consista à créer un superbe dossier commercial très détaillé composé de deux livrets richement illustrés, l’un sur Santa Luzia et l’autre sur le Cap-Vert. Vint ensuite le test du marché d’une telle propriété avec des annonces de vente dans le Wall Street Journal et Fortune Magazine. Je reçus une centaine de réponses couvrant des intérêts divers tels des projets touristiques, la création d’un port franc, la possibilité d’émettre monnaies et timbres, un paradis fiscal et même la création d’une base militaire américaine due à la localisation stratégique de l’île.

Jusqu’au jour où je fus convoqué à la police des Territoires d’Outre-Mer qui me félicita pour la qualité du dossier, me signifia que je ne pourrai jamais rien faire avec l’île et de tout interdire y compris son accès. La police venait de se faire taper sur les doigts pour avoir laissé passer un pseudo projet touristique de 1200 lits sur l’île de Boa Vista. La piste de l’aérodrome longue de 1,2 km, financée par l’Allemagne de l’Est, devait servir aux rebelles de la Guinée-Bissau. Je pris comme avocat Adelino Palma Carlos, connu pour son opposition au régime. qui n’arriva pas à changer les décisions prises. L’obstacle étant devenu insurmontable, nous avons revendu l’île à un groupe portugais à un bon prix. La leçon à retenir consiste à ne jamais entrer dans un investissement sans avoir une stratégie de sortie. Depuis l’île est devenue une réserve écologique. Pour la petite histoire, après la révolution des oeillets du 25 avril 1974 le 1er Premier Ministre ne fut autre qu’Adelino Palma Carlos …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

La Psychologie

N’entretiens pas l’espoir de ce qui ne peut être espéré. —Pythagore

Osterrieth, Daco, Dolto

Mes premiers bouquins de psychologie

La Faculté des Sciences Appliquées de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), aussi nommée “École Polytechnique”, forme des ingénieurs civils. C’est la seule faculté qui, en plus du diplôme de fin d’études secondaires, requiert le passage d’un examen d’entrée. Ayant réussi l’admission, me voilà embarqué vers une carrière technique qui, avec le recul, ne correspondait pas vraiment avec mes aspirations profondes. J’irai toutefois jusqu’au bout et deviendrai ingénieur civil des constructions. Durant ces années d’études j’étais toutefois plus intéressé par la psychologie que par la résistance des matériaux. Encouragé par une amie étudiante en psychologie, j’ai suivi sur le côté ses cours en élève libre. Tout cela remonte à une soixantaine d’années.

Ces circonstances m’ont permis d’avoir le privilège de suivre les cours de Paul Osterrieth qui était l’expert de la psychologie de l’enfant, dont le livre traduit en plusieurs langues faisait de lui une sommité mondiale. Pour le développement de l’enfant, il distinguait 5 phases. (1) 0 à 15 mois: l’âge bébé, (2) 15 à 36 mois: la découverte du moi propre, (3) 3 à 6 ans: la découverte du monde réel, (4) 6 à 9 ans: la dissolution du moi primitif et (5) 9 à 12 ans: la maturité enfantine. En parallèle á son enseignement académique, Paul Osterrieth avait aussi un cabinet de consultation privée. Je n’oublierai jamais son anecdote d’une cliente qui était venue le consulter dans une tenue sale et négligée, et à laquelle il conseilla de rentrer chez elle et de revenir quand elle serait présentable. C’était le meilleur service qu’il pouvait lui rendre pour l’aider à retrouver son estime de soi.

Par la suite, j’ai eu le privilège de participer à un atelier de psychologie de l’enfant donné par Françoise Dolto à l’Université de Louvain. Son bon sens pratique était impressionnant et sa règle d’or était de ne jamais mentir aux enfants. Ils sont capables de gérer n’importe quelle vérité, mais peuvent être marqué à vie par le flou du mensonge. Mon premier livre de psychologie générale fut “Les Prodigieuses Victoires de la Psychologie Moderne” par Pierre Daco. Il s’agissait d’un ouvrage de vulgarisation pour néophytes. Un de mes amis psychanalyste attira mon attention sur certaines erreurs des hypothèses freudiennes. J’ai eu un échange de correspondance avec Pierre Daco pour le rencontrer, mais qui est resté sans suite. Par la suite je me suis tourné vers Carl Jung qui influença jusqu’à ce jour ma passion pour la psychologie. La leçon: vivez votre passion et chaque jour vous marquera d’un réel bonheur.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Santa Luzia – Achat

Le bonheur est comme les palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir… –Alexandre Dumas

Santa Luzia

La seule île privée du Cap Vert

D’une part, rares sont les promoteurs immobiliers qui peuvent être fiers d’avoir ajouté le nom d’une ville nouvelle sur une carte Google. Tel fut le cas de “Miratejo” et ses 4000 logements sur la rive sud du Tage à Lisbonne. Soit dit en passant que c’est dans le cadre de ce projet que j’ai introduit les hypothèques privées au Portugal. Pour la première fois un acheteur allait pouvoir acquérir son logement et le payer en 20 ans. D’autre part, rares aussi sont ceux dont une propriété se soit trouvée dans un atlas avant de figurer dans le cadastre. Telle fut le cas de l’île de “Santa Luzia” dans l’archipel du Cap Vert. Il y a une cinquantaine d’années, même le gouverneur du Cap Vert ne savait pas que cette île était une propriété privée. Tout a commencé le jour où un ingénieur qui travaillait pour “Miratejo” vint m’annoncer que lui et sept membres de sa famille étaient les cohéritiers de l’île de Santa Luzia et cherchaient à la vendre pour sortir d’indivision.

L’histoire remonte en 1918 lorsqu’une épidémie de grippe venue d’Espagne allait tuer 60,000 Portugais. Pour la protection de sa famille, l’arrière-grand-père de l’ingénieur acquit l’île, y construisit une petite maison pour y accueillir les siens. La leçon de l’arrière-grand-père est qu’en temps d’épidémie ou de guerre, il faut aller vivre là où on sauve sa peau et celles de ses proches. Après l’épidémie l’île fut abandonnée. Le prix de vente proposé par l’ingénieur était acceptable et avec deux investisseurs, nous décidâmes d’aller de l’avant dans l’acquisition de l’île. Des documents anciens attestaient que l’île était privée. Le contrat d’achat fut rédigé par notre avocat, le prix fut payé au vendeur et la vente fut consommée. C’est alors qu’un bémol survint lors du paiement de la taxe de transmission. Le Département des Finances du Cap Vert n’était pas au courant que l’île de Santa Luzia était une propriété privée et refusait d’accepter le payement de la taxe de transmission. C’est alors que notre avocat et moi allions rencontrer le gouverneur de l’archipel pour lui soumettre les documents historiques. Nous le rencontrerons dans son palais sur l’île de Boa Vista.

Le gouverneur devait nous donner une réponse le lendemain matin. Nous louons un avion privé pour aller à l’île de São Vicente chercher l’argent de la taxe, puis aller à l’île de São Nicolau payer la taxe et finalement revenir à l’aéroport de l’île de Sal pour retourner à Lisbonne. L’avion privé n’était pas équipé pour voler de nuit et nous devions arriver à l’île de Sal au plus tard à 18h30. La réponse favorable du gouverneur n’arrive qu’à 13h30 et ce sera une course contre la montre. On part immédiatement vers la banque de São Vicente qui n’a pas d’argent et qui nous donne une traite bancaire à encaisser chez un commerçant de l’île de São Nicolau. Nous arrivons à l’aérodrome en terre battue de São Nicolau où il n’y a personne. Un type sur un vélomoteur permet à l’avocat d’arriver juste à temps avec l’argent avant la fermeture du bureau des Finances. La taxe est payée et nous arrivons tout juste à 18h30 pour prendre l’avion de Lisbonne. Nous voilà propriétaires de l’île de Santa Luzia. Des complications sérieuses allaient seulement commencer. À suivre.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Crise Cardiaque

Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie. –Carl Jung

Comment
La Lumière
du Ciel

Sauva ma vie

Il y a une vingtaine d’années à Orlando en Floride, j’ai eu une crise cardiaque. C’était au mois d’août et tout a commencé par un après-midi d’orage. Tout à coup un sentiment d’angoisse avec vertige m’envahit. Je n’avais jamais expérimenté cela auparavant. Je me suis allongé sur le lit et le malaise finit par passer. Le lendemain dans l’après-midi le même sentiment allait se reproduire. Là je conclus qu’il s’agissait de quelque chose de sérieux et pris ma voiture en direction des urgences de l’hôpital. Un blocage artériel critique fut diagnostiqué. Une arrivée plus tardive se serait révélée fatale. Le chirurgien du coeur déboucha l’artère coupable, y posa un stent et je fus sauvé. À cette époque, dans 40% des cas les stents cicatrisaient mal et dans mon cas une deuxième intervention s’avéra nécessaire deux mois plus tard. Aujourd’hui ce type de problème n’existe plus car les nouveaux stents sont enrobés d’un produit pharmaceutique qui empêche la mauvaise cicatrisation.

Quelle était la possibilité d’une nouvelle rechute? Ceci était une question dont personne ne connaissait la réponse. L’astrologie allait me sauver la vie. Je consultais le ciel de la crise du mois d’août, y détectais une configuration de tension et vérifiais si elle allait se reproduire. Cela allait être le cas pour le début du mois de mai de l’année à venir. Dans l’entretemps, un cardiologue rencontré au hasard d’une soirée m’indiqua qu’à Washington un docteur faisait de la recherche sur le traitement des mauvaises cicatrisations par radiations. Je pris contact avec ce dernier, lui transmis mon dossier médical et obtins toutes ses données pour le rejoindre en cas d’urgence. Fin avril, je ressentis un malaise et consultais mon cardiologue local qui diagnostiqua un blocage de l’artère à 95%. Un rendez-vous immédiat fut pris avec le docteur de Washington qui me reçut toutes affaires cessantes et qui me soigna avec succès. Sans la réponse du ciel, je ne me serais sûrement jamais préparé pour cette intervention. Qui sait? Je ne serais peut-être pas en train d’écrire ces quelques lignes aujourd’hui. Merci Madame la Chance.

Après quelques années de répit, une nouvelle complication cardiaque apparut qui demanda un triple pontage. Merci à l’excellent chirurgien qui m’a redonné un nouveau bail sur la vie. Deux décennies se sont écoulées depuis le premier épisode et je me porte très bien. Pendant les cinq années qui ont suivi la première intervention j’ai fait du yoga deux fois par semaine, mangé végétarien, pratiqué de la marche ainsi que me tourner dans des activités artistiques. Je me suis aussi créé un petit déjeuner (voir le post “Longévité” pour la recette) que j’ai pris tous les matins pendant une douzaine d’années. Je suis en très bonne forme et vous le pouvez aussi. Ce qui compte c’est de vivre le meilleur de chaque jour qui passe. Pour la petite histoire, cela fait une dizaine d’années que j’ai arrêté tous les médicaments et ne m’en porte que mieux. Que cette histoire puisse inspirer ceux et celles qui passent par certains moments difficiles de leur vie. Il y a toujours une lumière au bout du tunnel.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Le Yi King

La vie est un jeu. Le Yi King est une sorte de règles du jeu qui se joue à partir de la vertu, de la connaissance et de l’expérience. Ceux qui jouent bien gagnent la sagesse, les autres deviennent superstitieux. Dans le monde, il y a énormément de gens qui jouent avec les autres à travers la superstition. Seuls ceux qui atteignent la sagesse savent comment prendre soin d’eux-mêmes. –Yi Wu, philosophe, écrivain et mon professeur.

Yi King

Philosophie ou divination ou les deux?

Il y a une vingtaine d’années à San Francisco, j’ai eu le privilège d’apprendre le Yi King avec le Dr. Yi Wu, professeur de philosophie chinoise auprès du “California Institute of Integral Studies”. Ces études allaient parachever ma formation académique en psychologie avec emphase en psychologie des profondeurs selon Carl Jung. C’est alors que je fus invité à l’Université Normale de Guangzhou (Canton) comme un des conférenciers à la première conférence sur la psychologie occidentale et la philosophie orientale. L’organisateur, le Dr. Shen Heyong, était un professeur de l’Université et qui fut l’un des pionniers à introduire la psychologie dans le monde académique Chinois. Jusqu’alors pour les Chinois, la psychologie était considérée comme une superstition.

Les Chinois n’avaient pas besoin de psychologues du fait que l’Orient est une culture collective. À l’inverse de l’Occident individualiste, il y a un grand nombre de personnes vivant sous le même toit en Chine. Comme il y a toujours quelqu’un à qui parler, les Chinois font de la psychothérapie en permanence entre eux sans s’en rendre compte. Ma présentation à la conférence allait proposer un pont tangible entre les deux cultures. Tout spécifiquement en reliant chacun des 8 trigrammes de base du Yi King avec chacun des 8 types de personnalités selon Carl Jung. Ce travail original n’avait jamais été réalisé auparavant, pas même par Carl Jung, qui pourtant avait tous les éléments sous la main. Sur le plan pratique, j’ai été amené à créer un test de personnalité qui allait permettre de mesurer les corrélations entre les deux cultures.

Il y a plusieurs années, je me demandais quel livre j’aimerais emporter si je devais couler le restant de mes jours sur une île déserte? Mon choix porta sur l’inépuisable Yi King. Une cinquantaine de livres sur le sujet ainsi mes notes de cours se trouvent archivés aux États-Unis. Depuis, mon professeur le Dr. Yi Wu publia son livre de cours. C’est avec grande joie que je reçus ce livre cette semaine. À 50 ans Confucius connaissait le sens de sa vie, mais considérait qu’il ne lui restait plus assez d’années à vivre pour se dédier à l’étude du Yi King. Selon lui, seulement alors il pourrait devenir libre de grandes erreurs. Telle que pour la cabale, l’étude du Yi King n’est recommandée qu’à partir de l’âge de 40 ans. Et vous, quel livre choisiriez-vous pour emporter sur l’île déserte?

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Le Médiateur

Chaque fois que deux personnes se rencontrent, il y a vraiment six personnes présentes. Il y a chaque homme tel qu’il se voit, chaque homme comme l’autre le voit et chaque homme tel qu’il est. –William James (1842-1910), le père de la psychologie américaine

Un accord ne sera durable

que s’il est consenti par les parties

Durant ma formation en psychologie des profondeurs j’ai pratiqué différents stages, tels que des consultations en psychothérapie individuelle et en groupe, du bénévolat hospitalier et de la médiation de cas de divorce. Durant une année entière j’ai travaillé comme médiateur de la Cour Supérieure du Tribunal de Santa Barbara en Californie concernant des cas de droits de garde et de visite d’enfants de couples en instance de divorce. Aux États-Unis, le juge renvoie les parents chez un médiateur pour faciliter leurs décisions concernant le sort de leurs enfants. Si les parents trouvent un accord, le médiateur le transcrira et le document sera signé par les parents. Le juge inclura ensuite automatiquement l’accord dans le jugement de divorce. Au total, j’ai traité une cinquantaine de cas dont les deux tiers connurent une résolution.

Deux réussites sur trois peuvent paraître élevées, mais il y avait un argument déterminant. Si les parents ne trouvaient pas d’accord en direct, le juge allait décider pour eux sur base des plaidoiries d’avocats. Le jugement serait forcément plus éloigné de la réalité pratique de celle que les parents pouvaient convenir directement entre eux. Le rôle du médiateur consiste à faciliter la communication des deux personnes en désaccord. Le médiateur se doit de conserver une stricte neutralité et en aucune façon de juger ou d’arbitrer le différend. La procédure de médiation se passait selon le processus suivant. (1) Les avocats des parties sont entendus en premier, (2) ensuite ce seront les enfants de plus de six ans, (3) suivront les parents un à la fois, et enfin (4) si possible les parents seront réunis ensemble afin de rechercher un consensus acceptable pour tous. Dans le cas de refus de la réunion conjointe, le médiateur fera la navette entre les deux locaux séparés.

Lorsqu’une partie est totalement inflexible, le cas retournera chez le juge comme non résolu. Je pense au cas d’un grand-père, d’un père et de son fils. Après l’abandon du fils par son père, c’est le grand-père qui va élever son petit-fils à la satisfaction de tous y compris des conseillers psychologiques et de l’école. La mère vit dans la maison de son beau-père et se range contre le père. Le jour de la médiation, le père souhaite obtenir la garde de son fils. À noter que le père n’a aucun logement pour accueillir son fils. Il refusera de se trouver dans la même chambre que son père et refusera systématiquement toutes propositions venant de sa part. Le cas sera renvoyé au tribunal où à mon avis le père n’avait aucune chance de prévaloir. À l’opposé de ce cas impossible, je pense à ce père qui n’avait plus vu sa fille depuis huit ans et qui tomba dans les bras de son épouse. Une telle situation me donna le sentiment d’avoir agi comme le messager des dieux.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

La Mi-Vie

Certains papillons ne vivent qu’une journée et en général il s’agit pour eux du plus beau jour de leur vie… –Philippe Geluck

La Transition de Mi-Vie

Garder l’essentiel et remplacer le reste

Dans les livres de psycho il est dit que la transition de mi-vie s’étale de 40 à 45 ans et que le pic de la crise culmine à l’âge de 41 ans. Sans rien en savoir à l’époque, des changements majeurs se sont produits dans ma vie exactement à ces âges-là. Après la révolution des oeillets au Portugal du 25 avril 1974, je retourne vivre en Belgique où je me consacre à l’étude de nouvelles techniques de construction ainsi qu’à la promotion de plusieurs projets immobiliers. C’est exactement à l’âge de 41 ans que je quitte la Belgique pour aller vivre aux États-Unis avec la responsabilité de trois jeunes enfants à élever. Avec un anglais scolaire, sans contact aux States et où personne ne m’attend, j’entreprends bien évidemment un grand plongeon dans l’inconnu. Je trouve la confiance intérieure face à un tel risque en me référant au précédent saut de la Belgique vers le Portugal. Aux États-Unis, il se passera 15 mois avant d’y réaliser une première affaire immobilière en Floride.

En 1976 à Paris sur les Champs-Élysées je suis intrigué par “Astro-Flash” une boutique pionnière qui produit des horoscopes par ordinateur. Je suis sceptique mais ma curiosité prend le dessus et je commande mon portrait ainsi que ceux de mes proches. La grosse machine IBM s’active et débite plein de pages. Je suis surpris par la précision des textes produits et compte faire une étude pour identifier les données qui entrent dans l’ordinateur. Cela va déclencher mon intérêt pour l’astrologie et l’informatique dont la passion va continuer jusqu’à ce jour. En Belgique, en France et aux États-Unis je vais rencontrer les plus grands experts en astrologie et apprendre une discipline aussi vaste que la connaissance de soi et celle de l’univers. Une rencontre majeure fut celle de Jacques Berthon et Monique Kalinine, fondateurs de l’École Supérieure d’Astrologie de Paris avec lesquels j’ai suivi le programme d’astro-psychanalyse d’une durée de trois ans. Au fil des années qui suivirent, j’ai étoffé mes connaissance en astrologie avec d’autres disciplines telles que la psychologie des profondeurs, le tarot, le feng shui, le yi king, la cabale et l’astro-psychologie.

En Floride ce sera Orlando. Après quelques projets de lotissements, j’acquière un terrain pour la construction d’un complexe de 300 appartements adjacent au plus grand shopping commercial de la région. Le terrain se trouve dans le district du centre d’affaires où la ville entend redéfinir le plan directeur. Toutes les propriétés du district seront seront gelées pendant deux ans. Au total, mon projet prendra douze ans. Durant la pause de deux ans, ce sera la Californie avec une affaire d’horoscopes engendrés par ordinateur et promue par des pages entières de publicité dans des magazines comme Cosmopolitan. La publicité sera supportée par une campagne médiatique de relations publiques. Pour la petite histoire, Paris-Match me fera un article de deux pages avec photos dont le titre “Le Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” faisait un clin d’oeil au premier épisode de “Star Wars.” Avec plusieurs milliers d’horoscopes vendus, l’affaire couvrira tout juste ses frais. Le moratoire de deux ans ayant pris fin en Floride, ce fut le moment d’y retourner. Après douze années de difficultés quotidiennes, les 300 appartements furent construits et vendus. C’est alors qu’épuisé je clôture définitivement le chapitre de l’immobilier et les années qui suivront seront tournées vers des activités humaines sans but lucratif. L’immobilier m’a donné une leçon de patience et de ne jamais renoncer avant la ligne d’arrivée quelles que soient les difficultés rencontrées sur le parcours.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Ulysse à Djerba

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. –Joaquim Du Bellay, poète (1522 – 1560)

Ulysse à Djerba

La douceur de vivre

Victorieux de la Guerre de Troie, et après une courte escale à Ismarus, Ulysse et sa flotte de 12 bateaux se dirigent vers son retour à Ithaque. En passant le Cap Malée, ils sont assaillis par de violentes tempêtes qui leur font perdre tous repères. Après 10 jours d’un voyage particulièrement tourmenté ils finiront par accoster à l’île de Djerba. Ne sachant rien ni de l’endroit ni de ses habitants, Ulysse enverra trois de ses compagnons en reconnaissance. Une peuplade douce, accueillante et pacifique les accueille et les invite à goûter de la liqueur de lotos, un fruit doux comme le miel. Ce qui provoquera une propriété d’oubli chez les trois compagnons qui ne voulaient plus revenir, ni donner de leurs nouvelles. Ulysse devra les ramener de force à bord malgré leur résistance et leurs larmes. Ulysse marquera la Tunisie de son passage. Encore aujourd’hui, il est resté une figure emblématique nationale. Quelque part l’Odyssée d’Ulysse a toujours interpelé le côté nomade de mon parcours.

Le lotos serait le doux jujube, fruit du jujubier sauvage aux propriétés enivrantes, mais qui n’est pas connue pour la propriété de provoquer l’oubli.  Il y a toutefois une certaine explication logique au comportement des compagnons d’Ulysse. Cela fait plus de 10 ans qu’ils sont partis d’Ithaque, vivant quotidiennement les périls de la guerre de Troie. À cette période  traumatisante vient juste de s’ajouter un début de voyage de retour tumultueux. Ithaque leur paraît encore tellement loin et si incertain. Tout à coup, ils rencontrent un peuple simple, paisible et accueillant qui leur font goûter une douceur de vivre qui fera fondre leurs défenses. La déconnexion d’avec le réel sera alors assimilée à de l’oubli. L’ivresse les dispensera d’avoir des pensées culpabilisantes pour ceux et celles qu’ils ont quittés depuis 10 ans.

Djerba peut être considérée comme le symbole de la première étape d’un voyage initiatique. En perdant la mémoire de soi et des autres, une personne perdra aussi l’image de sa fausse identité et produira une première dissolution du côté négatif de son ego. L’inévitable récupération de la mémoire enrichira la prise de conscience, qui est le côté positif de l’ego, et qui contribuera à une croissance personnelle plus humble et plus sincère. Les Lotophages vivent de leurs ressources agricoles et n’ont ni princes, ni priorités politiques, ni biens matériels. Il n’y a pas de civilisation organisée et hostile. N’ayant rien à échanger ni commerce à offrir, ils ne feront pas l’objet de pillages. Le détachement des biens matériels et la vie proche de la nature induisent le bien-être et la liberté, elle-même un préalable au bonheur. Une richesse intérieure en résultera, qui ne pourra plus jamais être confisquée.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Hollywood

Un écrivain a besoin d’un stylo, un artiste a besoin d’un pinceau, mais un cinéaste a besoin d’une armée. –Orson Wells

Hollywood

Où tous les rêves peuvent être réalisés

Hollywood, le monde du rêve où tout ce qui peut s’imaginer peut être créé. Le profil tangible du promoteur immobilier est à l’opposé de celui de l’imaginaire du producteur de films. Le mot “immobilier” contient le mot “immobile” et le mot “cinéma” vient du Grec ancien “kinēma” qui veut dire “mouvement”. Si développer des projets immobiliers n’est pas pour n’importe qui, produire un film est autrement plus compliqué. La terre et les constructions seront toujours là, alors qu’il ne restera qu’un pari perdu pour un film qui n’a pas marché. Pour me préparer au monde du cinéma, j’en ai appris tous les métiers, y compris écrire un scénario complet avec dialogues pour une production moyenne et un narratif pour grande production. Le risque de la production de film étant trop grand pour mes compétences émergentes, je décidais d’entrer à Hollywood par la petite porte, celle de la production d’un festival.

“Very Short Movies”, abrégé en VSM, se spécialisa dans les courts métrages et fut connu sous les dénominations “VSM Festival” et “VSM Cinema”. La mission de VSM était de donner la chance à de jeunes cinéastes de se faire connaître. Pendant plus de 5 années, des centaines et des centaines de fans participèrent aux soirées trimestrielles de pré-sélections et aux festivals annuels à Los Angeles et en ligne. Plus de 1500 films furent soumis pour les compétitions. Parmi les nouvelles opportunités pour les cinéastes émergents, VSM eut l’idée d’organiser un concours où des acteurs établis offriraient généreusement leurs talents et leurs temps pour jouer dans un film réalisé par de jeunes cinéastes émergents. Le bénévolat des acteurs reposait sur l’importance du souvenir de leurs débuts et de continuer à redonner à la communauté cinématographique. Linda Gray (Sue Ellen) et Larry Hagman (J.R.), l’inoubliable couple de la série “Dallas”, avaient marqué leur accord pour cette première expérience.

Grâce au soutien généreux de ces deux acteurs chevronnés, VSM allait organiser un concours ouvert aux jeunes cinéastes d’un projet unique et sans précédent. Le concours intitulé “Soutenir le Court” était prévu en 4 étapes. Les cinéastes devaient (1) envoyer une proposition incluant un synopsis de l’idée, une bio et des arguments pour convaincre Larry et Linda de choisir leur film, (2) un jury présélectionnerait les 10 meilleures propositions, dont Larry et Linda allaient choisir les 5 meilleurs, (3) ces 5 propositions sélectionnées seraient transformées en scripts complets à soumettre à Larry et Linda et (4) les 5 meilleurs finalistes présenteraient leur projet lors des auditions à Larry et Linda personnellement, qui choisiraient le gagnant. Un déjeuner à Santa Monica avec Larry, Linda et moi allait donner le feu vert au projet. Jusqu’au jour où un problème de santé qui força Larry de renoncer au projet qui fut annulé. Il n’y eu plus d’autres tentatives. Par la suite, Linda accepta gracieusement de participer à la remise des prix au VSM Festival dans une salle de cinéma historique de 700 places à Hollywood et qui fut un gros succès. Une bonne nouvelle qui allait faire oublier la mauvaise.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge