Le Rotary

Le monde est plein de choses vertueuses qui n’ont pas encore été entreprises. —Paul Harris, créateur du premier Rotary Club le 23 février1905 à Chicago

Dans mes pérégrinations, j’ai appartenu à différents groupes tels que les Amis de la Bibliothèque d’Orlando, les Amis de Carl Jung d’Orlando dont je fus le fondateur, la Société Carl Jung de Sarasota, le Club Mensa, etc.. mais celui dans lequel j’ai joué le plus grand rôle actif fut assurément le Rotary Club. J’ai été un Rotarien pendant plus de quatre décennies. Tout a commencé par le Rotary Club de Lisbonne où pendant sept années je suis resté le plus jeune membre et a fini avec le Rotary Club d’Altamonte Springs, au nord d’Orlando en Floride. Ce qui m’avait séduit d’emblée avec le Rotary, c’était sa mission humanitaire basée sur l’amitié entre ses membres et ses actions concrètes pour faire un monde meilleur. La principale mission du Rotary fut l’éradication de la polio dans le monde en association avec la Fondation Bill et Melinda Gates. Un investissement de 1,5 milliards de dollars, dans lequel ma minuscule contribution me valu d’être honoré comme “Paul Harris Fellow”.

Au départ le Rotary n’avait que des membres masculins. Dans les années 1980, j’ai été un des premiers au monde à vouloir changer cette tradition. En l’occurrence je choisis de parrainer la candidature d’une femme, ma secrétaire Mary. Une pression fut exercée par certains membres pour que je renonce à ce parrainage, ce que j’avais refusé. Elle fut finalement admise mais après quelques semaines elle décida de donner sa démission tant le rejet de certains membres lui fut pénible à endurer. Aujourd’hui une telle discrimination n’existe plus au Rotary. Le club d’Altamonte Springs contribuait à de multiples causes charitables locales telles que l’octroi de bouses d’études. Pour récolter des fonds, j’étais un des organisateurs d’une foire gastronomique annuelle où les restaurants locaux offraient des échantillons de leurs spécialités cuisinés sur place aux visiteurs qui avaient libre accès en réglant un droit d’entrée. Parmi les membres que j’ai parrainés, figurait l’inénarrable Eddie Rose dont la bonne humeur était si communicative. Il était aimé de tous et on pensait souvent à lui bien longtemps après son décès. Voici une anecdote le concernant.

Pendant mes années à San Francisco, Eddie Rose est venu en visite avec sa femme Mary. Elle était une experte de réputation mondiale en natation synchronisée. Il formait un couple très uni depuis plusieurs décennies. Quand ils se sont rencontrés, elle était Miss New Jersey et lui un clown professionnel. Leur fils Charlie deviendra un nageur de niveau olympique. Un jour Eddie plaisanta en annonçant “Hier j’ai fait un voyage d’agrément … j’ai conduit ma femme à l’aéroport”. Donc, Eddie et moi avions bien sûr décidé d’aller déjeuner au Rotary Club de San Francisco, qui fut le deuxième club créé un peu après celui de Chicago en 1905. Soit dit en passant, le club avait une amende de plus de 100 dollars si un portable sonnait. Donc, nous voilà assis à une table de quatre en compagnie de deux autres rotariens locaux. L’un demanda à Eddie d’où il venait, qui lui répondit avec son humour habituel… “Je viens de Floride, mais je compte rester parce que j’ai trouvé une place de parking”. Pour la petite histoire, dans sa jeunesse Eddie faisait partie de la troupe des “Water Follies” en qualité de clown aquatique avec des représentations quotidiennes à l’Expo Universelle de 1958 à Bruxelles. J’allais presque tous les jours à l’Expo. Sans le savoir, nos chemins furent sûrement très proches. La synchronicité voulut qu’une quarantaine d’années plus tard nous allions nous rencontrer en Floride à Altamonte Springs où il était un des cinq échevins. C’est aussi dans cette ville que j’ai fait la promotion d’un complexe de 300 appartements.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge