Le Cinéma

Il vaut mieux investir dans l’immobilier qui va mal plutôt que dans le cinéma qui va bien. –André Delvaux, réalisateur emblématique du cinéma belge.

Le virus du cinéma

Une passion injectée par André Delvaux

Durant mon enseignement secondaire à Bruxelles, j’ai eu la chance d’avoir André Delvaux comme professeur de néerlandais. C’était un mordu de cinéma encore inconnu comme réalisateur. Sous ses encouragements, j’ai assisté aux projections hebdomadaires de films classiques à “L’Écran du Séminaire des Arts” qui deviendra plus tard le “Musée du Cinéma de Bruxelles”. Très souvent André Delvaux y accompagnait les films muets au piano. Comme professeur, sa classe regroupait la section scientifique dont je faisais partie, et la section commerciale. C’est avec ce dernier groupe d’étudiants qu’il réalisa son premier film d’une trentaine de minutes intitulé “Nous étions treize”. Lorsque plus tard les sujets du cinéma et de l’immobilier venant dans la conversation, il m’a formulé la citation reprise ci-dessus.

En 1995, j’ai mis fin à mes activités immobilières et me suis penché sur le monde de l’art pour finalement retourner vers mes premières amours pour le cinéma. Avec l’objectif de devenir producteur, j’ai fait l’apprentissage de tous les métiers du cinéma: auteur de scénario, auteur de narratif, mise en scène, photographie, montage, acteur, critique, distribution, marketing, etc… L’objectif de la production était trop ambitieux pour ma jeune expérience dans le monde du cinéma, où je choisis d’entrer plutôt par la petite porte des festivals. C’est alors que j’ai fondé à Hollywood le festival de courts-métrages intitulé “Very Short Movies”. Durant ses cinq années d’existence, plus de 1500 courts furent auditionnés et des projections trimestrielles furent organisées à la fois à Los Angeles et en ligne.

Au sommet de son succès, le festival a enregistré 1,3 million de clics sur le site du festival. L’événement majeur fut la projection de tous les courts métrages sélectionnés pour les Oscars, une semaine après la distribution des Oscars avec la présence des réalisateurs gagnants. Tous les festivals perdent de l’argent et VSM ne fut pas une exception. Par hasard, deux ans avant son décès, je me suis trouvé assis à côté d’André Delvaux à un événement bruxellois. Alors qu’il avait connu tous les honneurs du monde du cinéma, je lui rappelais ce qu’il disait au début de sa carrière concernant l’immobilier et le cinéma repris en citation ci-dessus. Il me répondit “Je persiste et signe”. Mon expérience dans le cinéma fut très enrichissante mais sur le plan financier j’aurais mieux fait de suivre son conseil.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

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