Miratejo, Ville Nouvelle

C’est une bonne idée de construire une ville nouvelle, comme ça toutes les autres villes viendront chez toi pour se faire construire… –Alex, mon ami d’enfance

Miratejo, Ville Panorama

Un obstacle majeur inattendu bloque le projet

Après mon expérience immobilière à Bruxelles, mon service militaire et mes activités d’ingénieur-conseil, devenir un promoteur immobilier m’attire. J’ai 28 ans. En Belgique et en France les chasses sont bien gardées et personne ne m’attend. Durant cette période, l’Espagne bat son plein en immobilier et je spécule sur l’idée que le Portugal sera l’opportunité suivante. Avec quelques économies pour payer le billet d’avion et l’hôtel à Lisbonne, je m’embarque pour un voyage d’études. Le lendemain de mon arrivée, je contacte des sociétés immobilières portugaises mentionnées dans les Pages Jaunes et prends des rendez-vous. L’après-midi je fais la connaissance de Jimmy, nous sympathisons, allons diner le soir et devenons amis. Cinquante ans plus tard nous le sommes toujours.

Durant cette période, le pont sur le Tage était en construction et il ne fallait pas être un génie en immobilier pour anticiper que l’autre rive allait connaître un nouvel essor. Mes recherches conduisirent vers un terrain agricole de 32 hectares à 2.5 km de la sortie du pont et qui appartenait à un certain colonel G de nationalité anglaise. Les choses allaient progresser rapidement et après avoir motivé des investisseurs, la décision sera prise d’acheter le terrain et d’aller de l’avant avec l’obtention des permis. Le colonel G était marié selon la loi anglaise qui disait que sans accord prénuptial, il pouvait vendre le bien seul. Un extrait de la loi anglaise confirmée par l’ambassade d’Angleterre à Lisbonne fut attachée au contrat d’achat de la propriété. En 15 mois, j’obtiens un permis pour la construction d’une ville nouvelle de 4000 logements. C’est alors que Madame G en instance de divorce, accompagnée de son avocat, se présente à mon bureau.

Elle affirme qu’elle était mariée en mission militaire en Afrique du Sud, que la loi de ce pays disait le contraire de la loi anglaise et qu’elle revendiquait la moitié du produit de la vente. Les experts juridiques en droit international se sont révélés incapables de définir la loi en vigueur dans de telles circonstances. Pour compliquer les choses, c’est le président Salazar en personne qui veillait aux intérêts de Madame G. Sur les conseils de son avocat, le colonel G refusa de satisfaire la demande de Madame G et le projet était bloqué. Mes associés étaient désespérés. Heureusement que j’avais bien négocié l’achat du terrain avec 3 modes de paiements: (1) un quart au passage de l’acte, (2) en quart en 5 versements annuels et (3) la moitié en association. La partie non encore réglée allait pouvoir servir de levier dans les négociations qui durèrent plusieurs longs mois. Finalement, le colonel G accepta de donner la moitié à Madame G –qui soit dit en passant ne m’a jamais remercié– et le projet allait pouvoir continuer son développement. La leçon à retenir de cet épisode adverse, est qu’il faut s’accrocher sans relâche jusqu’à un dénouement favorable.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

2 thoughts on “Miratejo, Ville Nouvelle

    1. Merci Michele pour tes mots toujours positifs. Merci aussi de les rendre publics. D’autres commentaires viennent aussi par emails. Ce sont les lectrices et lecteurs comme toi qui m’encouragent à continuer.

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