Santa Luzia – Vente

Quelqu’un m’a demandé, si j’étais coincé sur une île déserte, quel livre j’apporterais … “Comment construire un bateau”. —Steven Wright, humoriste américain

Santa Luzia

La seule île privée du Cap-Vert

Ce post est la suite de celui sur l’achat de l’île de Santa Luzia. Avec deux associés, nous sommes donc devenus propriétaires de Santa Luzia la seule île privée de l’archipel du Cap-Vert. Situé au large du Sénégal et à la croisée de 4 continents, le Cap-Vert possède un ensoleillement permanent. Il n’y pleut pour ainsi dire jamais. Avec 12 km de long, 2 plages de sable fin et une montagne de 400 mètres de haut, Santa Luzia offrait la possibilité d’y réaliser un complexe touristique exceptionnel. Santa Luzia est la seule île du Cap-Vert inhabitée ou plus exactement occupée par 1 seul habitant dénommé Da Cruz qui n’est pas sans rappeler son homonymie avec Robinson Crusoé. Depuis une vingtaine d’années, il habitait là dans l’ancienne maison en ruine et passait son temps à récolter les épaves venues de la mer qu’il vendait une fois par an sur l’île adjacente de São Vicente. Là il buvait le produit de sa vente et s’en retournait à Santa Luzia pour une autre année.

Une surprise inattendue allait bloquer tous projets. À l’époque le Cap-Vert était un Territoire d’Outre-Mer du Portugal et j’allais à nouveau me trouver confronté avec le président Salazar. La première démarche consista à créer un superbe dossier commercial très détaillé composé de deux livrets richement illustrés, l’un sur Santa Luzia et l’autre sur le Cap-Vert. Vint ensuite le test du marché d’une telle propriété avec des annonces de vente dans le Wall Street Journal et Fortune Magazine. Je reçus une centaine de réponses couvrant des intérêts divers tels des projets touristiques, la création d’un port franc, la possibilité d’émettre monnaies et timbres, un paradis fiscal et même la création d’une base militaire américaine due à la localisation stratégique de l’île.

Jusqu’au jour où je fus convoqué à la police des Territoires d’Outre-Mer qui me félicita pour la qualité du dossier, me signifia que je ne pourrai jamais rien faire avec l’île et de tout interdire y compris son accès. La police venait de se faire taper sur les doigts pour avoir laissé passer un pseudo projet touristique de 1200 lits sur l’île de Boa Vista. La piste de l’aérodrome longue de 1,2 km, financée par l’Allemagne de l’Est, devait servir aux rebelles de la Guinée-Bissau. Je pris comme avocat Adelino Palma Carlos, connu pour son opposition au régime. qui n’arriva pas à changer les décisions prises. L’obstacle étant devenu insurmontable, nous avons revendu l’île à un groupe portugais à un bon prix. La leçon à retenir consiste à ne jamais entrer dans un investissement sans avoir une stratégie de sortie. Depuis l’île est devenue une réserve écologique. Pour la petite histoire, après la révolution des oeillets du 25 avril 1974 le 1er Premier Ministre ne fut autre qu’Adelino Palma Carlos …

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

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