Hauts et Bas

Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.—Gustave Le Bon (1841-1931)















Le Général Alcazar

Avant et après

Lisbonne, 1966. Mon service militaire en Belgique terminé, je pars à l’aventure au Portugal avec pour objectif d’y faire de la prospection dans le secteur immobilier. Le tourisme dans le sud de l’Espagne était en plein essor et le sud du Portugal devait naturellement suivre. Toutefois le tourisme en Algarve n’était pas encore prêt. Les infrastructures de base telles que les transports, l’alimentation, l’hôtellerie, les hôpitaux émergeaient à peine. Les prix des propriétés étaient déjà élevés, trop tard pour la spéculation et trop tôt pour la promotion. C’est alors que je me suis tourné vers la promotion urbaine dans la périphérie de Lisbonne et qui allait aboutir avec la construction de Miratejo, une ville nouvelle de 4000 logements. J’avais installé mon bureau au 3e étage d’un immeuble résidentiel prestigieux. Dans l’ascenseur je fis connaissance de mon voisin du 4e étage. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer un ancien président en exil… Oui, un général… Non, pas du Général Alcazar mais presque… Le Général Héctor Trujillo, qui fut le président de la République Dominicaine de 1952 à 1962.

Héctor Trujillo succéda à Rafael Trujillo, son frère aîné de 17 ans, dont il devint l’homme de paille. Le dictateur Rafael préféra limiter son règne officiel à deux mandats comme aux États-Unis. Tout au long, Rafael restera l’homme fort du régime. En 1961, il sera assassiné dans une embuscade alors qu’il était en voyage dans sa voiture. Ce fut la fin de l’ère des Trujillo et Héctor prit la fuite avec une fortune considérable. Il se retrouvera en exil à Lisbonne d’abord et à Miami ensuite où il vivra jusqu’à l’âge de 96 ans. L’homme que je rencontrais souvent dans l’ascenseur menait une vie au profil bas en compagnie d’une dame blonde. Sur la liste des résidents de l’immeuble, il apparaissait sous le nom “Alma-Trujillo”. Pour la petite histoire, lors de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles, j’avais été invité à une réception officielle donnée au pavillon de la République Dominicaine. Synchronicité prémonitoire ? Le Lisbonne des années 1960 était connu comme une terre d’accueil pour les chefs d’États en exil. S’y trouvait également l’ancien président de Cuba Fulgencio Batista chassé du pouvoir par Fidel Castro, le Comte de Barcelone père de Juan Carlos le futur roi d’Espagne ainsi que le roi Umberto d’Italie.

Tels les empires, les dictateurs suivent le même processus depuis la conquête et la culmination jusqu’au déclin. Beaucoup finissent en exil, en prison ou assassiné. Qui sont les dictateurs d’aujourd’hui ? La plupart des chefs d’États ne sont que des marionnettes aux mains des dictateurs de la finance basés à Londres, Washington et au Vatican. On n’entend jamais parler des marionnettistes, mais la vulnérabilité de leur pouvoir indique qu’ils ne sauront jamais s’arrêter avant l’incontournable effondrement. Assimilant la République Dominicaine à sa fortune personnelle, Rafael Trujillo était considéré comme un des hommes le plus riche du monde. Le 15 avril 1961, Murphy le quatrième émissaire du gouvernement américain arrive à Santo Domingo pour tenter de convaincre Rafael Trujillo de se retirer dans les meilleures conditions, mais celui-ci resta ferme sur ses positions : « Moi, on ne me fera sortir que sur un brancard ». Tous les pouvoirs totalitaires de l’histoire ont toujours mal fini. Il y a de l’espoir…

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

Le Soleil

Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu’il fait soleil, mais, quand vient l’obscurité, leur beauté n’apparaît que s’ils sont illuminés de l’intérieur. —Elisabeth Kubler-Ross, psychiatre helvético-américaine (1926-2004)

Conscience du Jour

Inconscience de la nuit

Les Belges sont joyeux, pratiques et aiment la vie. J’en sais quelque chose car c’est là que je suis né et que j’ai grandi. La Belgique est un pays magnifique où il fait bon vivre. Lorsque quelqu’un me demande quel temps il y fait, je réponds qu’en Belgique il y a quatre saisons … le printemps, l’été, l’automne et l’hiver … LE MÊME JOUR !!! … Quand j’ai eu 25 ans, après une autre période hivernale rigoureuse, je pris la décision que désormais j’allais toujours suivre le soleil. Il en fut ainsi durant toutes les décennies qui suivirent avec le Portugal, la Floride, la Californie, le Texas, le Midi de la France et la Tunisie. La terre tourne autour du soleil en une année et marque les saisons. Elle tourne aussi sur elle-même en 24 heures et marque le jour et la nuit. Encore plus important que sa chaleur, le soleil nous offre sa lumière durant le jour et que la lune reflète durant la nuit. Le soleil symbolise donc le monde conscient de la lumière du jour et la lune le monde inconscient des rêves de l’obscurité de la nuit. La lune marque les marées et les cycles féminins. Ceci n’est pas surprenant étant donné que notre planète et le corps humain contiennent tous les deux 75% d’eau dont la teneur en minéraux est comparable.

Les saisons, les jours et les nuits, les marées et les cycles féminins ne sont rien d’autre que des événements terrestres qui correspondent aux cycles célestes du soleil et de la lune. La corrélation entre le macrocosme du ciel avec le microcosme sur la terre est l’hypothèse fondamentale même de l’astrologie. Le soleil est le centre du système solaire et il n’est pas surprenant que sa lumière dans notre ciel de naissance alimente le phare de notre destinée, notre idéal de vie. Ce n’est pas par hasard que nous connaissons tous et toutes notre signe zodiacal, qui n’est rien d’autre que celui de la position du soleil à notre naissance. Pour aller plus loin dans l’analyse de la personnalité et de la destinée d’une personne on observera ensuite les positions des autres planètes qui elles gravitent autour du soleil. Comme mentionné plus haut, le soleil a joué et joue encore un rôle important dans ma vie. Au moment de ma naissance, le soleil était aligné avec la planète Uranus qui est associée au signe du Verseau. Le soleil illumine et alimente ma passion pour la future ère du Verseau. Par analogie avec la combinaison symbolique du Soleil avec Uranus, ma mission est associée à celle de Prométhée qui s’appropria le feu de Dieu pour le donner aux humains.

Durant ces dernières semaines, je me suis attelé au projet important de concevoir et produire un programme d’interprétation de révolutions solaires personnelles engendrées par ordinateur. La révolution solaire consiste à observer le ciel au moment exact du retour du soleil sur sa position natale. La carte du ciel de votre révolution solaire est dressée pour votre anniversaire, avec la date et l’heure à la seconde près et pour l’endroit où vous passez votre anniversaire. Ce moment, qui est la charnière entre l’année écoulée et l’année à venir, marquera votre vie durant l’entièreté des douze mois qui suivront votre anniversaire. À ce stade je suis mon premier client et je trouve que cette technique prévisionnelle donne des résultats très encourageants. Ce programme en construction me prendra de nombreux mois de travail et je vous tiendrai au courant au fur et à mesure de mes progrès. En parallèle, je travaille sur un nouveau test du sens de votre vie basé sur des principes universels chinois, et qui devrait être terminé dans un avenir plus rapproché. Restez à l’écoute.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge

La Mi-Vie

Certains papillons ne vivent qu’une journée et en général il s’agit pour eux du plus beau jour de leur vie… –Philippe Geluck

La Transition de Mi-Vie

Garder l’essentiel et remplacer le reste

Dans les livres de psycho il est dit que la transition de mi-vie s’étale de 40 à 45 ans et que le pic de la crise culmine à l’âge de 41 ans. Sans rien en savoir à l’époque, des changements majeurs se sont produits dans ma vie exactement à ces âges-là. Après la révolution des oeillets au Portugal du 25 avril 1974, je retourne vivre en Belgique où je me consacre à l’étude de nouvelles techniques de construction ainsi qu’à la promotion de plusieurs projets immobiliers. C’est exactement à l’âge de 41 ans que je quitte la Belgique pour aller vivre aux États-Unis avec la responsabilité de trois jeunes enfants à élever. Avec un anglais scolaire, sans contact aux States et où personne ne m’attend, j’entreprends bien évidemment un grand plongeon dans l’inconnu. Je trouve la confiance intérieure face à un tel risque en me référant au précédent saut de la Belgique vers le Portugal. Aux États-Unis, il se passera 15 mois avant d’y réaliser une première affaire immobilière en Floride.

En 1976 à Paris sur les Champs-Élysées je suis intrigué par “Astro-Flash” une boutique pionnière qui produit des horoscopes par ordinateur. Je suis sceptique mais ma curiosité prend le dessus et je commande mon portrait ainsi que ceux de mes proches. La grosse machine IBM s’active et débite plein de pages. Je suis surpris par la précision des textes produits et compte faire une étude pour identifier les données qui entrent dans l’ordinateur. Cela va déclencher mon intérêt pour l’astrologie et l’informatique dont la passion va continuer jusqu’à ce jour. En Belgique, en France et aux États-Unis je vais rencontrer les plus grands experts en astrologie et apprendre une discipline aussi vaste que la connaissance de soi et celle de l’univers. Une rencontre majeure fut celle de Jacques Berthon et Monique Kalinine, fondateurs de l’École Supérieure d’Astrologie de Paris avec lesquels j’ai suivi le programme d’astro-psychanalyse d’une durée de trois ans. Au fil des années qui suivirent, j’ai étoffé mes connaissance en astrologie avec d’autres disciplines telles que la psychologie des profondeurs, le tarot, le feng shui, le yi king, la cabale et l’astro-psychologie.

En Floride ce sera Orlando. Après quelques projets de lotissements, j’acquière un terrain pour la construction d’un complexe de 300 appartements adjacent au plus grand shopping commercial de la région. Le terrain se trouve dans le district du centre d’affaires où la ville entend redéfinir le plan directeur. Toutes les propriétés du district seront seront gelées pendant deux ans. Au total, mon projet prendra douze ans. Durant la pause de deux ans, ce sera la Californie avec une affaire d’horoscopes engendrés par ordinateur et promue par des pages entières de publicité dans des magazines comme Cosmopolitan. La publicité sera supportée par une campagne médiatique de relations publiques. Pour la petite histoire, Paris-Match me fera un article de deux pages avec photos dont le titre “Le Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” faisait un clin d’oeil au premier épisode de “Star Wars.” Avec plusieurs milliers d’horoscopes vendus, l’affaire couvrira tout juste ses frais. Le moratoire de deux ans ayant pris fin en Floride, ce fut le moment d’y retourner. Après douze années de difficultés quotidiennes, les 300 appartements furent construits et vendus. C’est alors qu’épuisé je clôture définitivement le chapitre de l’immobilier et les années qui suivront seront tournées vers des activités humaines sans but lucratif. L’immobilier m’a donné une leçon de patience et de ne jamais renoncer avant la ligne d’arrivée quelles que soient les difficultés rencontrées sur le parcours.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Miratejo, Ville Nouvelle

C’est une bonne idée de construire une ville nouvelle, comme ça toutes les autres villes viendront chez toi pour se faire construire… –Alex, mon ami d’enfance

Miratejo, Ville Panorama

Un obstacle majeur inattendu bloque le projet

Après mon expérience immobilière à Bruxelles, mon service militaire et mes activités d’ingénieur-conseil, devenir un promoteur immobilier m’attire. J’ai 28 ans. En Belgique et en France les chasses sont bien gardées et personne ne m’attend. Durant cette période, l’Espagne bat son plein en immobilier et je spécule sur l’idée que le Portugal sera l’opportunité suivante. Avec quelques économies pour payer le billet d’avion et l’hôtel à Lisbonne, je m’embarque pour un voyage d’études. Le lendemain de mon arrivée, je contacte des sociétés immobilières portugaises mentionnées dans les Pages Jaunes et prends des rendez-vous. L’après-midi je fais la connaissance de Jimmy, nous sympathisons, allons diner le soir et devenons amis. Cinquante ans plus tard nous le sommes toujours.

Durant cette période, le pont sur le Tage était en construction et il ne fallait pas être un génie en immobilier pour anticiper que l’autre rive allait connaître un nouvel essor. Mes recherches conduisirent vers un terrain agricole de 32 hectares à 2.5 km de la sortie du pont et qui appartenait à un certain colonel G de nationalité anglaise. Les choses allaient progresser rapidement et après avoir motivé des investisseurs, la décision sera prise d’acheter le terrain et d’aller de l’avant avec l’obtention des permis. Le colonel G était marié selon la loi anglaise qui disait que sans accord prénuptial, il pouvait vendre le bien seul. Un extrait de la loi anglaise confirmée par l’ambassade d’Angleterre à Lisbonne fut attachée au contrat d’achat de la propriété. En 15 mois, j’obtiens un permis pour la construction d’une ville nouvelle de 4000 logements. C’est alors que Madame G en instance de divorce, accompagnée de son avocat, se présente à mon bureau.

Elle affirme qu’elle était mariée en mission militaire en Afrique du Sud, que la loi de ce pays disait le contraire de la loi anglaise et qu’elle revendiquait la moitié du produit de la vente. Les experts juridiques en droit international se sont révélés incapables de définir la loi en vigueur dans de telles circonstances. Pour compliquer les choses, c’est le président Salazar en personne qui veillait aux intérêts de Madame G. Sur les conseils de son avocat, le colonel G refusa de satisfaire la demande de Madame G et le projet était bloqué. Mes associés étaient désespérés. Heureusement que j’avais bien négocié l’achat du terrain avec 3 modes de paiements: (1) un quart au passage de l’acte, (2) en quart en 5 versements annuels et (3) la moitié en association. La partie non encore réglée allait pouvoir servir de levier dans les négociations qui durèrent plusieurs longs mois. Finalement, le colonel G accepta de donner la moitié à Madame G –qui soit dit en passant ne m’a jamais remercié– et le projet allait pouvoir continuer son développement. La leçon à retenir de cet épisode adverse, est qu’il faut s’accrocher sans relâche jusqu’à un dénouement favorable.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge