La Mi-Vie

Certains papillons ne vivent qu’une journée et en général il s’agit pour eux du plus beau jour de leur vie… –Philippe Geluck

La Transition de Mi-Vie

Garder l’essentiel et remplacer le reste

Dans les livres de psycho il est dit que la transition de mi-vie s’étale de 40 à 45 ans et que le pic de la crise culmine à l’âge de 41 ans. Sans rien en savoir à l’époque, des changements majeurs se sont produits dans ma vie exactement à ces âges-là. Après la révolution des oeillets au Portugal du 25 avril 1974, je retourne vivre en Belgique où je me consacre à l’étude de nouvelles techniques de construction ainsi qu’à la promotion de plusieurs projets immobiliers. C’est exactement à l’âge de 41 ans que je quitte la Belgique pour aller vivre aux États-Unis avec la responsabilité de trois jeunes enfants à élever. Avec un anglais scolaire, sans contact aux States et où personne ne m’attend, j’entreprends bien évidemment un grand plongeon dans l’inconnu. Je trouve la confiance intérieure face à un tel risque en me référant au précédent saut de la Belgique vers le Portugal. Aux États-Unis, il se passera 15 mois avant d’y réaliser une première affaire immobilière en Floride.

En 1976 à Paris sur les Champs-Élysées je suis intrigué par “Astro-Flash” une boutique pionnière qui produit des horoscopes par ordinateur. Je suis sceptique mais ma curiosité prend le dessus et je commande mon portrait ainsi que ceux de mes proches. La grosse machine IBM s’active et débite plein de pages. Je suis surpris par la précision des textes produits et compte faire une étude pour identifier les données qui entrent dans l’ordinateur. Cela va déclencher mon intérêt pour l’astrologie et l’informatique dont la passion va continuer jusqu’à ce jour. En Belgique, en France et aux États-Unis je vais rencontrer les plus grands experts en astrologie et apprendre une discipline aussi vaste que la connaissance de soi et celle de l’univers. Une rencontre majeure fut celle de Jacques Berthon et Monique Kalinine, fondateurs de l’École Supérieure d’Astrologie de Paris avec lesquels j’ai suivi le programme d’astro-psychanalyse d’une durée de trois ans. Au fil des années qui suivirent, j’ai étoffé mes connaissance en astrologie avec d’autres disciplines telles que la psychologie des profondeurs, le tarot, le feng shui, le yi king, la cabale et l’astro-psychologie.

En Floride ce sera Orlando. Après quelques projets de lotissements, j’acquière un terrain pour la construction d’un complexe de 300 appartements adjacent au plus grand shopping commercial de la région. Le terrain se trouve dans le district du centre d’affaires où la ville entend redéfinir le plan directeur. Toutes les propriétés du district seront seront gelées pendant deux ans. Au total, mon projet prendra douze ans. Durant la pause de deux ans, ce sera la Californie avec une affaire d’horoscopes engendrés par ordinateur et promue par des pages entières de publicité dans des magazines comme Cosmopolitan. La publicité sera supportée par une campagne médiatique de relations publiques. Pour la petite histoire, Paris-Match me fera un article de deux pages avec photos dont le titre “Le Belge qui Apporte la Paix des Étoiles aux Américains” faisait un clin d’oeil au premier épisode de “Star Wars.” Avec plusieurs milliers d’horoscopes vendus, l’affaire couvrira tout juste ses frais. Le moratoire de deux ans ayant pris fin en Floride, ce fut le moment d’y retourner. Après douze années de difficultés quotidiennes, les 300 appartements furent construits et vendus. C’est alors qu’épuisé je clôture définitivement le chapitre de l’immobilier et les années qui suivront seront tournées vers des activités humaines sans but lucratif. L’immobilier m’a donné une leçon de patience et de ne jamais renoncer avant la ligne d’arrivée quelles que soient les difficultés rencontrées sur le parcours.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge

Miratejo, Ville Nouvelle

C’est une bonne idée de construire une ville nouvelle, comme ça toutes les autres villes viendront chez toi pour se faire construire… –Alex, mon ami d’enfance

Miratejo, Ville Panorama

Un obstacle majeur inattendu bloque le projet

Après mon expérience immobilière à Bruxelles, mon service militaire et mes activités d’ingénieur-conseil, devenir un promoteur immobilier m’attire. J’ai 28 ans. En Belgique et en France les chasses sont bien gardées et personne ne m’attend. Durant cette période, l’Espagne bat son plein en immobilier et je spécule sur l’idée que le Portugal sera l’opportunité suivante. Avec quelques économies pour payer le billet d’avion et l’hôtel à Lisbonne, je m’embarque pour un voyage d’études. Le lendemain de mon arrivée, je contacte des sociétés immobilières portugaises mentionnées dans les Pages Jaunes et prends des rendez-vous. L’après-midi je fais la connaissance de Jimmy, nous sympathisons, allons diner le soir et devenons amis. Cinquante ans plus tard nous le sommes toujours.

Durant cette période, le pont sur le Tage était en construction et il ne fallait pas être un génie en immobilier pour anticiper que l’autre rive allait connaître un nouvel essor. Mes recherches conduisirent vers un terrain agricole de 32 hectares à 2.5 km de la sortie du pont et qui appartenait à un certain colonel G de nationalité anglaise. Les choses allaient progresser rapidement et après avoir motivé des investisseurs, la décision sera prise d’acheter le terrain et d’aller de l’avant avec l’obtention des permis. Le colonel G était marié selon la loi anglaise qui disait que sans accord prénuptial, il pouvait vendre le bien seul. Un extrait de la loi anglaise confirmée par l’ambassade d’Angleterre à Lisbonne fut attachée au contrat d’achat de la propriété. En 15 mois, j’obtiens un permis pour la construction d’une ville nouvelle de 4000 logements. C’est alors que Madame G en instance de divorce, accompagnée de son avocat, se présente à mon bureau.

Elle affirme qu’elle était mariée en mission militaire en Afrique du Sud, que la loi de ce pays disait le contraire de la loi anglaise et qu’elle revendiquait la moitié du produit de la vente. Les experts juridiques en droit international se sont révélés incapables de définir la loi en vigueur dans de telles circonstances. Pour compliquer les choses, c’est le président Salazar en personne qui veillait aux intérêts de Madame G. Sur les conseils de son avocat, le colonel G refusa de satisfaire la demande de Madame G et le projet était bloqué. Mes associés étaient désespérés. Heureusement que j’avais bien négocié l’achat du terrain avec 3 modes de paiements: (1) un quart au passage de l’acte, (2) en quart en 5 versements annuels et (3) la moitié en association. La partie non encore réglée allait pouvoir servir de levier dans les négociations qui durèrent plusieurs longs mois. Finalement, le colonel G accepta de donner la moitié à Madame G –qui soit dit en passant ne m’a jamais remercié– et le projet allait pouvoir continuer son développement. La leçon à retenir de cet épisode adverse, est qu’il faut s’accrocher sans relâche jusqu’à un dénouement favorable.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge