Hollywood

Un écrivain a besoin d’un stylo, un artiste a besoin d’un pinceau, mais un cinéaste a besoin d’une armée. –Orson Wells

Hollywood

Où tous les rêves peuvent être réalisés

Hollywood, le monde du rêve où tout ce qui peut s’imaginer peut être créé. Le profil tangible du promoteur immobilier est à l’opposé de celui de l’imaginaire du producteur de films. Le mot “immobilier” contient le mot “immobile” et le mot “cinéma” vient du Grec ancien “kinēma” qui veut dire “mouvement”. Si développer des projets immobiliers n’est pas pour n’importe qui, produire un film est autrement plus compliqué. La terre et les constructions seront toujours là, alors qu’il ne restera qu’un pari perdu pour un film qui n’a pas marché. Pour me préparer au monde du cinéma, j’en ai appris tous les métiers, y compris écrire un scénario complet avec dialogues pour une production moyenne et un narratif pour grande production. Le risque de la production de film étant trop grand pour mes compétences émergentes, je décidais d’entrer à Hollywood par la petite porte, celle de la production d’un festival.

“Very Short Movies”, abrégé en VSM, se spécialisa dans les courts métrages et fut connu sous les dénominations “VSM Festival” et “VSM Cinema”. La mission de VSM était de donner la chance à de jeunes cinéastes de se faire connaître. Pendant plus de 5 années, des centaines et des centaines de fans participèrent aux soirées trimestrielles de pré-sélections et aux festivals annuels à Los Angeles et en ligne. Plus de 1500 films furent soumis pour les compétitions. Parmi les nouvelles opportunités pour les cinéastes émergents, VSM eut l’idée d’organiser un concours où des acteurs établis offriraient généreusement leurs talents et leurs temps pour jouer dans un film réalisé par de jeunes cinéastes émergents. Le bénévolat des acteurs reposait sur l’importance du souvenir de leurs débuts et de continuer à redonner à la communauté cinématographique. Linda Gray (Sue Ellen) et Larry Hagman (J.R.), l’inoubliable couple de la série “Dallas”, avaient marqué leur accord pour cette première expérience.

Grâce au soutien généreux de ces deux acteurs chevronnés, VSM allait organiser un concours ouvert aux jeunes cinéastes d’un projet unique et sans précédent. Le concours intitulé “Soutenir le Court” était prévu en 4 étapes. Les cinéastes devaient (1) envoyer une proposition incluant un synopsis de l’idée, une bio et des arguments pour convaincre Larry et Linda de choisir leur film, (2) un jury présélectionnerait les 10 meilleures propositions, dont Larry et Linda allaient choisir les 5 meilleurs, (3) ces 5 propositions sélectionnées seraient transformées en scripts complets à soumettre à Larry et Linda et (4) les 5 meilleurs finalistes présenteraient leur projet lors des auditions à Larry et Linda personnellement, qui choisiraient le gagnant. Un déjeuner à Santa Monica avec Larry, Linda et moi allait donner le feu vert au projet. Jusqu’au jour où un problème de santé qui força Larry de renoncer au projet qui fut annulé. Il n’y eu plus d’autres tentatives. Par la suite, Linda accepta gracieusement de participer à la remise des prix au VSM Festival dans une salle de cinéma historique de 700 places à Hollywood et qui fut un gros succès. Une bonne nouvelle qui allait faire oublier la mauvaise.

Dans la lumière et l’harmonie.

Serge


Le Cinéma

Il vaut mieux investir dans l’immobilier qui va mal plutôt que dans le cinéma qui va bien. –André Delvaux, réalisateur emblématique du cinéma belge.

Le virus du cinéma

Une passion injectée par André Delvaux

Durant mon enseignement secondaire à Bruxelles, j’ai eu la chance d’avoir André Delvaux comme professeur de néerlandais. C’était un mordu de cinéma encore inconnu comme réalisateur. Sous ses encouragements, j’ai assisté aux projections hebdomadaires de films classiques à “L’Écran du Séminaire des Arts” qui deviendra plus tard le “Musée du Cinéma de Bruxelles”. Très souvent André Delvaux y accompagnait les films muets au piano. Comme professeur, sa classe regroupait la section scientifique dont je faisais partie, et la section commerciale. C’est avec ce dernier groupe d’étudiants qu’il réalisa son premier film d’une trentaine de minutes intitulé “Nous étions treize”. Lorsque plus tard les sujets du cinéma et de l’immobilier venant dans la conversation, il m’a formulé la citation reprise ci-dessus.

En 1995, j’ai mis fin à mes activités immobilières et me suis penché sur le monde de l’art pour finalement retourner vers mes premières amours pour le cinéma. Avec l’objectif de devenir producteur, j’ai fait l’apprentissage de tous les métiers du cinéma: auteur de scénario, auteur de narratif, mise en scène, photographie, montage, acteur, critique, distribution, marketing, etc… L’objectif de la production était trop ambitieux pour ma jeune expérience dans le monde du cinéma, où je choisis d’entrer plutôt par la petite porte des festivals. C’est alors que j’ai fondé à Hollywood le festival de courts-métrages intitulé “Very Short Movies”. Durant ses cinq années d’existence, plus de 1500 courts furent auditionnés et des projections trimestrielles furent organisées à la fois à Los Angeles et en ligne.

Au sommet de son succès, le festival a enregistré 1,3 million de clics sur le site du festival. L’événement majeur fut la projection de tous les courts métrages sélectionnés pour les Oscars, une semaine après la distribution des Oscars avec la présence des réalisateurs gagnants. Tous les festivals perdent de l’argent et VSM ne fut pas une exception. Par hasard, deux ans avant son décès, je me suis trouvé assis à côté d’André Delvaux à un événement bruxellois. Alors qu’il avait connu tous les honneurs du monde du cinéma, je lui rappelais ce qu’il disait au début de sa carrière concernant l’immobilier et le cinéma repris en citation ci-dessus. Il me répondit “Je persiste et signe”. Mon expérience dans le cinéma fut très enrichissante mais sur le plan financier j’aurais mieux fait de suivre son conseil.

Dans la lumière et l’harmonie,

Serge